Hôpitaux: vers un devis avant l'hospitalisation et un forfait par pathologie ?

Sur fond de Journnée des droits du patient, la Mutualité Chrétienne communique les résultats d'une enquête portant sur les conditions dans lesquelles le formulaire d'admission est discuté et signé, qui mettent en évidence un déficit de transparence,du point de vue du patient, au niveau des coûts d'un séjour hospitalier. L'occasion pour la presse généraliste de revenir sur la réforme du financement hospitalier portée par la ministre Onkelinx.
La ministre de la Santé publique prépare une feuille de route visant à réformer les budgets hospitaliers. Il est notamment question du passage à un système de forfait par pathologie. Par ailleurs, la ministre n'est pas opposée à l'instauration d'un devis hospitalier qui devrait dans certains cas être remis au patient avant toute intervention.
Les résultats de l'enquête menée par la MC en collaboration avec Altéo, autour du formulaire d'admission mettent en évidence, notamment, le fait que 68 % des patients signent la déclaration le jour de l'admission. "Ce contexte n'est (...) pas optimal pour évaluer les informations et les conséquences de leurs choix", explique Jean Hermesse, secrétaire général de la MC.
83 % des personnes interrogées sont plutôt satisfaites des explications qu'elles reçoivent concernant le choix de la chambre et le tarif. Néanmoins, 40 % ne comprennent pas quelles sont les conséquences financières de leurs choix.
Dans près de 78% des cas, le patient n'a qu'une vague idée du montant de la facture qui l'attend après une intervention à l'hôpital, or la loi prévoit la transparence sur les coûts du traitement. La Mutualité chrétienne pointe des formulaires d'admission peu clairs, ainsi que le fait que 88 % des médecins ne donnent aucune information spontanée sur le coût de l'intervention envisagée.
La ministre de la Santé n'exclut pas l'instauration d'un devis hospitalier, dans certains cas (hospitalisation programmée, ...).
S'exprimant au sujet de la réforme du financement hospitalier dans La Libre Belgique, Marc Moens accuse la ministre de la Santé de vouloir "détruire les soins de santé comme elle l'a fait avec l'enseignement", et agite le spectre du danger d'une moindre qualité des soins" dans le cas d'un financement forfaitaire des hôpitaux par pathologie".
Le directeur général de Santhea, Yves Smeets, exprime quant à lui un point de vue différent et se dit favorable à "la suppression du financement dual tel qu'il existe aujourd'hui". Dans la proposition de la ministre, Les hôpitaux recevraient un montant forfaitaire en fonction du nombre et de la nature des pathologies qu'ils prennent en charge, indépendamment des coûts réels des services prestés. Ce montant serait également identique pour tous les hôpitaux.
Ce système de forfait par pathologie est adopté dans de nombreux pays européens.