Ils vécurent plus longtemps, mais...
L'espérance de vie à 65 ans des Européens continue d'augmenter - elle a progressé de plus d'un an entre 2005 et 2010 - mais avec plus d'années de maladie chronique et de limitation d'activité déclarées.
Les hommes vivent en moyenne 83 ans, les femmes 86,4. Mais l'espérance de vie en bonne santé stagne, bien que l'Union en ait fait sa priorité. A 65 ans, en 2011, les hommes pouvaient espérer vivre encore 17,4 ans en moyenne, et 20,9 ans pour les femmes.
Pour la Belgique, ces chiffres étaient respectivement de 17,5 et de 21,1 ans. Concernant la longévité sans maladie chronique, elle n'était plus que de 10,6 et 11,2 ans après 65 ans. Quant à l'espérance de vie à l'âge de 65 ans en bonne santé perçue, elle est équivalente pour les deux sexes (9,3 et 9,4 ans). Elle a progressé de façon significative depuis 2005 - de 1,5 an pour les hommes et de 1,6 an pour les femmes - soit plus que les gains de l'espérance de vie totale.
La Suède affiche les meilleurs résultats sans limitation d'activité et en bonne santé perçue. Le Luxembourg et le Danemark se partagent les meilleurs taux sans maladie chronique. En revanche, la Slovaquie, l'Estonie et la Lituanie affichent de façon globale les plus mauvais résultats.
Ces données émanent de l'action européenne conjointe sur les années de vie en bonne santé (EHLEIS) coordonnée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm-France), les Etats membres et la Commission européenne. L'objectif de l'Union est d'augmenter le nombre d'années de vie en bonne santé de 2 ans.
Or l'espérance de vie sans incapacité, devenue un indicateur important des politiques européennes, n'a pratiquement pas bougé. "Cela signifie que les années de vie supplémentaires sont vécues avec des limitations d'activité", explique le directeur de recherche à l'Inserm qui coordonne l'Action européenne conjointe sur les années de vie en bonne santé.
Les Européens rapportent davantage de limitations de leur activité et d'années de vie avec une maladie chronique, sans que cela s'accompagne du sentiment d'être en mauvaise santé. " L'éducation à la santé fait qu'ils déclarent à présent des maladies chroniques qu'ils n'auraient pas déclarées auparavant ", ajoute-t-il. Ainsi, les pathologies chroniques ou les incapacités ne sont pas nécessairement sévères. Par ailleurs, elles sont détectées plus précocement et mieux traitées qu'auparavant. D'où un sentiment d'être, malgré tout, en bonne santé.
Thierry Goorden
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