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"La vie ne va pas disparaitre de sitôt..."

Suite à la disparition du Professeur Christian de Duve, le Journal du médecin vous propose une interview passionnante réalisée en 2005, où il se déclarait "une espèce en voie de disparition", déçu de ne pas encore avoir vu un autre éminent scientifique du pays lui succéder. Il y raconte son amour de la vérité, revient sur sa véritable passion, la cellule et la vie, expose ses craintes pour l'avenir de l'humanité.

Thierry Goorden - 6 mai 2013

- Parlons d'abord, si vous le voulez bien, du sens de votre vie. Que considérez-vous le plus important, du haut de votre expérience, aujourd'hui ?
Pr. Ch. de Duve : J'ai découvert, à l'âge de dix-huit ans, ce qui a été ma passion durant toute ma vie : l'amour de la vérité. Cela peut paraître pompeux, mais c'est la motivation de tout vrai scientifique. À côté de cela, j'ai toujours été animé aussi par la recherche de l'excellence. Ambitieux, j'ai toujours voulu briller, dans le bon sens du terme, c.-à-d. faire mon travail aussi bien que possible. Je suis un perfectionniste car je n'ai jamais aimé le travail bâclé. A l'école, je voulais être premier de classe, pas seulement parce j'aimais être le premier - oui, certainement en partie - mais parce que j'avais ce besoin de qualité, ce besoin d'excellence. Et cela m'a animé toute ma vie, j'ai toujours été très exigeant avec moi-même et vis-à-vis de mes collaborateurs. Plusieurs sont partis de mon laboratoire sans avoir jamais publié, parce que j'estimais que leur travail n'avait pas abouti à des résultats suffisamment valables pour mériter une publication. On m'en a voulu pour cela.
- Comment voyez-vous l'avenir de l'humanité et de la vie ? Quel regard portez-vous sur l'évolution de notre société aujourd'hui ?
Pr. de Duve : La vie ne va pas disparaître de sitôt. Aucune catatrophe ne pourrait complètement détruire la vie sur Terre, sauf un cataclysme cosmique qui la rendrait totalement inhabitable. Cependant, la limite extrême pour la vie sur Terre, c'est environ 5 milliards d'années (la vie n'existe sur la Terre que depuis 4 milliards d'années ou peut-être un peu moins). Selon les calculs d'astronomes, le soleil aura alors épuisé ses réserves d'énergie et il finira par exploser. Il va devenir une géante rouge et, à ce moment-là, on sera cuit. Il n'y aura plus moyen de vivre sur la Terre, il n'y aura plus d'eau. Mais d'ici là, la vie aura peut-être colonisé l'espace et puis rien n'exclut qu'il y ait des foyers de vie ailleurs dans l'univers. Pour ma part, je crois que c'est très vraisemblable.
- On a quand même épuisé, en quelques siècles, les ressources naturelles accumulées depuis des millions d'années...
Pr. de Duve : Absolument. L'avenir de l'humanité est aujourd'hui en danger. Cela pose de très graves problèmes, d'abord à cause de cette démographie galopante qui provoque une consommation croissante des ressources et risque de finir par entraîner leur épuisement. Qu'adviendra-t-il quand tous les Chinois auront une ou deux voitures par ménage ? Où va-t-on chercher le pétrole et l'énergie ? Sans compter tous les autres problèmes qui nous menacent : ressources alimentaires insuffisantes, trou d'ozone, augmentation du taux de gaz carbonique, changements climatiques, pollution de l'atmosphère, des cours d'eau et des mers, épuisement de la vie marine, etc.
- Sur ce plan, la vie n'est-elle pas menacée ?
Pr. de Duve : La vie, c'est avant tout des microbes qui forment une grosse partie de la matière vivante. Et puis il y a quand même les végétaux qui peuvent vivre avec la lumière du soleil et les éléments minéraux. Non la vie a une capacité d'adaptation formidable. Il y a de la vie par 120° C, à 0°, dans les déserts alors qu'il n'y a pratiquement pas d'eau, dans des marais salants pourtant fortement concentrés en sel, dans la Mer morte... Il y a de la vie partout. La vie va toujours s'adapter. Mais la vie, cela ne veut pas nécessairement dire nous.

Un certain espoir

- Selon l'ONU, 60 % de nos écosystèmes sont d'ores et déjà dégradés et surexploités. "N'injurions pas notre avenir", lance Nicolas Hulot.
Pr. de Duve : Il est vrai que l'homme est en train de mettre en péril son propre avenir et celui de très nombreuses formes de vie. Beaucoup d'animaux et de végétaux sont menacés d'extinction à cause de notre surconsommation ou de notre pollution. Mais la science nous donne aussi des moyens de combattre ces menaces. Par exemple, la fusion nucléaire peut résoudre le problème de l'énergie. L'énergie nucléaire a mauvaise presse aujourd'hui, mais même certains écologistes en sont venus à admettre qu'en y réfléchissant bien, pour le moment il n'y a pas d'autres solutions. En dehors du nucléaire, pas de salut. Qu'il s'agisse d'éoliennes, d'énergie solaire ou d'autres énergies " vertes " , elles n'arriveront jamais à satisfaire les besoins croissants de l'humanité. Il y a aussi les biotechnologies qui, par nos connaissances technologiques, nous offrent le moyen de créer des formes vivantes aux rendements meilleurs, plus riches au point de vue nutritif, également moins polluantes puisqu'on utilise moins de pesticides... Tout cela donne un certain espoir. Reste à voir quelle sera la note que l'humanité va devoir payer à la sélection naturelle avant que cet espoir se réalise Cette note grossit tous les jours et ce qu'on peut souhaiter, malheureusement pas d'une manière fort optimiste, c'est que, collectivement, hommes et femmes qui habitons ce monde, nous aurons acquis, avant que la note ne devienne trop exorbitante, suffisamment de sagesse pour gérer correctement l'avenir de l'humanité, celui de la vie sur la Terre, celui de la planète. Mais il faudra probablement encore un certain nombre de cataclysmes mondiaux pour que, finalement, nos dirigeants politiques deviennent conscients de leurs responsabilités. Leur échelle de temps ne va pas au-delà de trois à sept ans, c'est-à-dire le laps de temps qui les sépare des prochaines élections. Ils n'agissent le plus souvent qu'en fonction de cette date butoir. Rares sont ceux s'occupent ou se préoccupent de notre avenir à plus longue échéance. Après nous les mouches, ou le déluge !
- Il y a aussi la responsabilité des médias, selon vous. En préface d'un récent livre, vous reprochez aux médias, globalement, une certaine complicité dans le déclin européen en matière de recherche et dans le désintérêt du public pour la science, en ne lui donnant pas suffisamment d'importance, en n'éduquant pas les citoyens, en faisant parfois de la propagande en sens inverse.
Pr. de Duve : Les médias ont, certes, un rôle important à jouer. Je ne dirais pas qu'ils le fassent mal, il y a en Belgique quelques journalistes responsables qui font des chroniques scientifiques de valeur. Mais il est certain que, d'une manière globale, les médias font de moins en moins pour faire passer les messages scientifiques, car ils dépendent des lecteurs, des téléspectateurs et des auditeurs, et le grand public se désintéresse de plus en plus de la Science, sauf quand des démagogues comme José Bové viennent les haranguer et les mobiliser pour détruire des champs. Justine Hénin ou Kim Clijsters ont plus d'importance sur le plan médiatique que Christian de Duve ou Ilya Prigogine... Je ne m'en plains pas personnellement, mais le fait est symptomatique. L'erreur, aussi, c'est qu'on est trop souvent sur la défensive. Ainsi, ceux qui défendent les OGM (organismes génétiquement modifiés) jouent trop souvent le jeu des adversaires parce qu'ils répondent aux objections. Il s'est passé la même chose lors du référendum en France sur la constitution européenne : les partisans du oui ont passé leur temps à dire pourquoi il ne fallait pas voter non, au lieu d'expliquer pourquoi il fallait voter oui. Ce qu'il faut dire, c'est ce que sont les OGM, à quoi ils servent, en quoi ils nous sont utiles, pourquoi ils vont rendre des services immenses. Mais on préfère écouter les discours incendiaires et les appels démagogiques, car les gens sont beaucoup plus sensibles aux arguments émotionnels, surtout quand il s'agit d'être contre quelque chose.
- Cela ne montre-t-il pas un appauvrissement de la culture ?
Pr. de Duve : C'est manifeste et on va en payer le prix ! Pour un pays comme la Belgique, cela signifie un appauvrissement de notre capital de recherche, d'intelligence, d'innovation. Or nous avons vraiment des chercheurs de toute première qualité et, malgré des conditions relativement peu favorables, ils poursuivent leurs travaux, ils ont un idéal, une motivation remarquable devant laquelle je m'incline. Mais pour combien de temps ? Il y a d'autres pays plus généreux en subsides pour la recherche, la Finlande ou la Suède, par exemple . Et il y aura bientôt la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, le Japon.... Notre civilisation occidentale a du plomb dans l'aile. Cela va se payer. Si les peuples se désintéressent de ce qui est leur source de richesse intellectuelle, de richesse culturelle et de richesse tout court, on va droit à la catastrophe. Ce ne sera pas la première fois que le déclin frappe une grande civilisation : dans l'Histoire, les Egyptiens se sont écroulés, les Grecs, les Romains... Pourquoi pas les Européens demain ? Aux peuples d'Asie, peut-être, de prendre la relève.

La médecine progresse, mais pas assez vite

- Selon vous, l'avenir serait asiatique et non pas européen ?
Pr. de Duve : Je le crains et le regrette car je suis attaché à notre civilisation occidentale : nous avons apporté au monde des trésors presque irremplaçables. Mais les signes sont inquiétants. Regardez aux Etats-Unis, où 52 % de la population du pays le plus riche au monde, le plus avancé à tous points de vue, n'admet pas l'évolution biologique ! C'est absolument incroyable, alors que ce n'est pas une question d'hypothèse ou de théorie, mais un fait qui crève les yeux. La vie est née il y a près de quatre milliards d'années, elle s'est déployée pour donner naissance à toutes les espèces vivantes, y compris l'homme, les preuves sont là, irréfutables. Et pourtant la moitié des Américains continue à prétendre que ce n'est pas vrai parce qu'il est écrit dans la Bible que la vie est née d'un coup il y 3.500 ans !
- Votre regard sur la médecine, malgré les coups qui lui sont portés par les normes, les conditions d'exercice de plus en plus difficiles...
Pr. de Duve : La médecine continue de faire des progrès, encore que beaucoup trop peu à mon avis, en partie pour des raisons politiques, sociales, économiques. Ainsi le Sida reste un fléau en Afrique alors que, dans nos pays, il commence à être plus ou moins contrôlé, même si on n'a toujours pas de vaccin pour le prévenir, ni de médicament pour le guérir. Néanmoins, chez nous un malade du Sida n'est plus condamné à mort à brève échéance. En Afrique, ce n'est pas encore le cas. Et ce n'est pas parce que les moyens n'existent pas.
- Ce gouffre Nord-Sud qui s'accentue vous effraie ?
Pr. de Duve : Bien sûr, d'autant plus qu'on fait beaucoup plus d'enfants dans le Sud que dans le Nord. Par ailleurs, la poussée de l'islamisme fondamentaliste est elle aussi effrayante. Là encore, nous pouvons mettre un peu d'espoir dans les Chinois et les Indiens qui sont moins contaminés par des fondamentalismes. Ces derniers n'entravent pas le développement des pays.
- C'est plutôt de bon augure pour la médecine qui va continuer à se développer dans ces pays comme chez nous.
Pr. de Duve : Absolument. Mais je suis tout de même devenu un peu plus pessimiste pour l'avenir de la médecine, de par mon expérience. Quand j'ai eu l'idée de créer l'ICP (Institut de Pathologie cellulaire) à l'UCL, il y a quelque 35 ans, j'étais plein d'optimisme. Je me disais que la biologie fondamentale avait fait tellement de progrès, que tant de choses qu'on ne comprenait pas hier étaient comprises aujourd'hui, qu' il devait être possible, sur la base de ce que nous comprenons et savons, de créer des moyens nouveaux pour guérir ou prévenir les maladies. Cela me paraissait évident, rationnellement, fatalement, car comprendre c'est pouvoir agir. Ce qui me déçoit aujourd'hui, c'est de voir combien peu, jusqu'à présent, notre compréhension des mécanismes de la vie a permis de faire des avancées majeures sur le plan de la santé. Certes, la médecine moderne a fait des progrès énormes mais ceux-ci sont peut-être moins dus au développement des connaissances fondamentales qu'à des progrès techniques.

Prenez la chirurgie, les progrès ont été spectaculaires, mais c'est surtout grâce aux techniques, en anesthésie, notamment, et dans la préparation et le suivi opératoires. Ce n'est pas la biologie moléculaire qui a créé la chirurgie à coeur ouvert, les transplantations de poumons ou de foie. Prenons le Sida, il n'y a pas de maladie qui ait fait l'objet de plus de recherches ces trente dernières années. Et on arrive à peine à le contrôler, et ce à grands frais ; on ne peut ni le prévenir ni le guérir. Prenez encore le cancer. Jusqu'à présent, le développement de traitements fondés sur les nouvelles connaissances, cependant spectaculaires, n'a toujours pas abouti à des applications cliniques de grande envergure. La chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie restent, comme il y a trente ans, les principaux moyens de guérir le cancer. S'il y a eu progrès, c'est de nouveau en grande partie grâce à des progrès techniques.

Souplesse, ingéniosité, inventivité

- Avez-vous renoncé à l'espoir de parvenir à vaincre un jour le cancer ?
Pr. de Duve : Absolument pas. Je suis persuadé qu'on y arrivera et que ce sera grâce au progrès de nos connaissances. Mais j'ai appris une vérité que les chercheurs pharmaceutiques connaissent depuis longtemps, notamment que le passage du stade de laboratoire, où l'on guérit sans peine des milliers de souris, au stade clinique, où les premiers malades commencent à bénéficier des découvertes expérimentales, est souvent très long, très coûteux et semé d'embûches. J'en ai fait l'expérience à l'ICP, avec les essais de mon collègue André Trouet de mettre au point une thérapeutique rationnelle fondée sur l'utilisation d'un vecteur capté sélectivement par les cellules cibles, auquel un agent chimiothérapique est couplé par une liaison qui n'est scindée qu'après que le complexe, inerte par lui-même, entre dans les lysosomes. Cette thérapeutique " lysosomotrope " a donné d'excellents résultats au laboratoire et même en clinique, mais a finalement dû être abandonnée pour des raisons pratiques.

Autre exemple, les efforts effectués depuis trente ans, avec des moyens énormes, par Thierry Boon, qui a été, jusqu'il y a peu, mon successeur à la tête de notre Institut, où il dirige une importante unité de recherche financée par l'Institut Ludwig de recherche sur le cancer, une puissante organisation américaine. Grâce à une série de remarquables recherches fondamentales, l'équipe de Boon a découvert et caractérisé, d'abord chez des souris, ensuite chez des patients humains, un certain nombre de gènes spécifiques de cellules tumorales, dont les produits peuvent être reconnus comme étrangers par le système immunitaire de manière à provoquer une réaction de rejet semblable à celle que suscitent les hétérogreffes. Ces découvertes ont permis la mise au point d'un traitement immunothérapique du cancer très prometteur. On en est depuis plusieurs années aux essais cliniques, qui ont donné d'excellents résultats, mais dans un petit nombre de cas jusqu'à présent. Ce que l'on rencontre, dans ces travaux et dans bien d'autres, ce sont les ressources presque infinies de la vie et les nombreuses stratégies développées depuis des milliards d'années par les êtres vivants pour s'adapter aux circonstances et échapper à ce qui les menace. Les cellules cancéreuses ne font pas exception. On a beau essayer de les atteindre, à chaque fois elles trouvent le moyen de se transformer, d'échapper, de se soustraire à l'attaque. Notez que ce n'est pas une raison de désespérer. Aussi bien Boon que Trouet sont plus près du but aujourd'hui qu'il y a trente ans. Trouet en est à essayer cliniquement une autre thérapeutique ciblée qui ne tire plus profit des lysosomes, mais qui repose sur les acquits effectués au cours de la mise au point du procédé lysosomotrope. L'approche immunothérapique de Boon progresse de la même manière. Il ne s'agit donc pas d'abandonner la stratégie fondée sur les connaissances. Bien au contraire. C'est la seule démarche rationnelle. On doit simplement reconnaître que le succès est plus difficile à atteindre que je ne l'avais imaginé naïvement il y trente ans et qu'il faut donc redoubler d'efforts en recherche fondamentale. C'est une bataille où l'esprit humain doit trouver souplesse, ingéniosité, inventivité pour encore mieux comprendre les organismes vivants qui nous assaillent, que ce soient des virus, des microbes ou des cellules cancéreuse, afin de connaître toutes leurs ficelles et finalement arriver à les bloquer de tous les côtés. On le fera.

Sous l'emprise des "Bushistes"

- Finalement comment vous situez-vous par rapport à l'évolution de la science (génomique, clonage thérapeutique et demain reproductif), mais aussi les dérives éthiques qui en découlent, telles que le choix du sexe de l'enfant à naître, ne plus soigner comme il le faut à partir d'un certain âge...
Pr. de Duve : On fait des progrès énormes dans ce domaine. Moi j'appartiens à ceux qui pensent que les méthodes d'ingénierie génétique, bien entendu contrôlées par des gens responsables, vont probablement sauver l'humanité. L'être humain va devoir prendre en mains son avenir et celui de la planète. Et c'est à coup sûr avec l'ingénierie génétique qu'il aura les moyens les plus puissants d'y parvenir. Bien entendu, il faut éviter les dérives. Il y a des problèmes éthiques, philosophiques, religieux, sur lesquels il y a nécessairement désaccords ou discussions. Aux Etats-Unis, sous l'emprise d'une majorité de "Bushistes" (partisans du président), de fondamentalistes protestants, on risque d'attendre longtemps avant de pouvoir faire du clonage thérapeutique. En Corée, on n'a pas ce genre d'objections... Chez nous, les discussions se font et on voit à quel point nos dirigeants hésitent à s'engager, mais on finira par trancher démocratiquement. Moi je pense que les progrès vont continuer à se faire, que les techniques vont devenir de plus en plus sûres, de plus en plus perfectionnées, de plus en plus utilisées. Heureusement, quelque part dans le monde, il y aura toujours un endroit où on pourra librement continuer à faire des progrès. À long terme c'est probablement dans l'utilisation de ces techniques, sur des végétaux et des animaux d'abord, mais aussi peut-être au niveau humain, que l'on arrivera à faire des progrès et, espérons-le, à sauver la planète et l'humanité.
- Que penser de cet engouement pour l'anti-vieillissement, une ride sur le visage et c'est déjà une de trop...
Pr. de Duve : Cela ne m'émeut guère. De tous temps, les gens ont rêvé de vivre éternellement, de bains de jouvence, de l'élixir... Cela fait partie de la futilité de notre société actuelle. Certainement les médias ont une très grande responsabilité, mais ils ne sont pas les seuls. Les scientifiques ont aussi leur responsabilité car ils expliquent trop mal et trop peu souvent au grand public ce qu'ils font. Il est rare de trouver des scientifiques qui acceptent de consacrer le temps qu'il faut et qui font l'effort nécessaire pour instruire, informer, éduquer le grand public. Mais, trouver les mots n'est pas facile. Les populations sont prêtes à répondre si vous parlez leur langage.

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