Le CD&V attaque l'Absym de front
Nathalie Muylle (CD&V) a interpellé la ministre Onkelinx à la Chambre concernant la décision de l'Absym d'aller devant la Cour constitutionnelle, pour contester l'interdiction des suppléments d'honoraire en chambre commune et à deux lits. Rappelons que c'est le Parlement qui a voté cette interdiction et non la médico-mut. Selon Laurette Onkelinx, l'Absym est dans son droit.
La parlementaire CD&V trouve inacceptable que le syndicat entérine d'abord l'accord et en conteste ensuite un point sur le plan juridique.
Muylle parle d'une attitude " scandaleuse ". Elle se réfère à des déclarations de Marc Moens. Celui-ci, dit-elle, a d'abord défendu l'accord, comme " très acceptable ". Selon elle, le syndicat avait déjà obtenu pas mal pour les MG et les spécialistes, " ce que Marc Moens a lui-même souligné ".
Et ce avant d'aller devant la Cour constitutionnelle pour contester l'interdiction de supplément dans les chambres à deux ou à plusieurs lits.
La ministre Onkelinx est restée très laconique dans sa réponse. Elle confirme la position de Nathalie Muylle selon laquelle on ne demande de tels suppléments d'honoraires que dans un petit nombre d'hôpitaux (20 des 196 hôpitaux, selon la ministre).
Depuis le 1er janier cette pratique est interdite dans les chambres de deux patients ou plus.
Mais, souligne Mme Onkelinx, en Belgique tout le monde est libre de s'adresser aux tribunaux.
Nathalie Muylle conclut par une affirmation forte : " Si l'on réagit aujourd'hui de cette façon dans ce dossier, (..) je me pose de sérieuses questions quant au rôle des syndicats dans le débat futur sur le financement de nos soins de santé. "
Une curieuse profession de foi. Puisque, rappelons-le, c'est le Parlement qui a voté cette interdiction, passant outre la médico-mut et l'accord médico-mut.
Récemment, Marc Moens (Absym) rappelait que son syndicat n'a absolument pas déserté en rase campagne concernant son combat contre l'interdiction des suppléments. Ce sont les députés qui sont passés au-dessus de la médico-mut. L'intéressé peut donc raisonnablement douter du système d'accord tout autant que Mme Muyle.