Haute mortalité infantile à Bruxelles: l'Observatoire de la santé nuance
Si l'Observatoire de la santé et du social de la Région bruxelloise ne conteste pas le haut taux de mortalité infantile dans la capitale révélé dans l'étude européenne Peristat, il a tenu mardi à apporter certaines nuances, comme le travail réalisé pour mieux déclarer les naissances.
"L'accroissement observé du nombre de mort-nés enregistrés à Bruxelles entre 2004 et 2010 est un artefact méthodologique. Depuis 2008, un travail important d'amélioration de la qualité des données de l'enregistrement des naissances a été réalisé à Bruxelles. Auparavant, de nombreuses maternités et services communaux ne déclaraient pas systématiquement les naissances d'enfants mort-nés avant 26 semaines de grossesse", souligne l'Observatoire dans un communiqué. Les statistiques reprennent maintenant des enfants mort-nés de 22 à 26 semaines de grossesse, ce qui fait gonfler les chiffres. "Là où avant 2008 on n'enregistrait que 4 à 5 décès par an, on enregistre 65 décès en 2010 sur un total de 143 morts-nés", précise l'Observatoire. L'Observatoire critique également la comparaison des régions belges avec les autres pays européens, ce qui est défavorable pour Bruxelles, estime-t-il. "Pour la périnatalité comme pour beaucoup de problèmes de santé, les grandes villes s'en tirent toujours moins bien. Une comparaison de Bruxelles à d'autres territoires urbains serait dès lors plus juste". La Belgique est le seul pays étudié dans le rapport qui ne fournit pas de données nationales. Cela devrait être le cas pour la prochaine étude. L'Observatoire remet également en cause la population étudiée dans l'étude. "Un grand nombre de femmes enceintes domiciliées dans les régions flamandes et francophones viennent accoucher à Bruxelles, particulièrement lors de grossesses à risque ou des naissances difficiles pour lesquelles une prise en charge spécialisée est requise", souligne encore l'Observatoire.