Motion sur la défédéralisation des soins de santé : la première ligne monte au créneau
La Fédération des associations de médecins généralistes bruxellois (FAMGB), avec le soutien du BHAK, Domus Medica, le FAG et le GBO, appelle les MG du pays à une position commune " sur ce que nous voulons et ne voulons pas " concernant la défédéralisation des soins de santé qui se prépare en coulisses entre présidents de parti. L'AbSym pourrait également les rejoindre.
Dans une motion qu'il devait rendre publique ce mercredi, le vice-président de la FAMGB, le Dr Lawrence Cuvelier, constate que les soins de santé en Belgique sont très performants, peu coûteux et l'indice de satisfaction est un des meilleurs d'après des études internationales mais notre système de santé présente " des faiblesses et des incohérences, en particulier dans son soutien à la première ligne. Bien des problèmes de santé sont transversaux et dépendent d'une série de pouvoirs différents, locaux, régionaux mais aussi de compétences différentes ". Ainsi, les soins aux personnes âgés à domicile ne dépendent pas uniquement du curatif (cure) ou même du service à domicile (care) mais aussi d'une politique de bien-être à la population isolée et de son entourage. " Selon que l'on mène une politique intégrée dans ce domaine, les besoins en lit de maison de repos dans la région bruxelloise peuvent passer de 16.000 à 50.000 si l'on ne fait rien, à 16.000 à 19.000 si on pratique une politique volontariste pour éviter que des personnes isolées en bonne santé se trouvent dans des homes ". Les chiffres de la région flamande sont encore plus catastrophique, ajoute-t-il.
Les acteurs de la première ligne soulignent qu'ils refusent toute perte de dialogue avec les instances de médecine générale et des décisions prises par des experts sans concertation. Ils refusent également le manque de cohérence entre les entités fédérées, le fédéral, ainsi que la " création de baronnie locale où des intérêts particuliers se feront au détriment des soins aux patients ", outre une concurrence accrue entre la première et la seconde ligne de soins, et une baisse de la qualité des soins en première ligne. Par contre, ils proposent des instances d'avis, tant au niveau national, interfédéral que régional, dans lesquelles les cercles sont représentés. Ils réclament des programmes cohérents qui privilégient les patients, une médecine au service du patient et non de la technique. Enfin, une défédéralisation qui soit une occasion de s'améliorer et de jouir des compétences de chacun.