" Les médicaments pour le sevrage du tabac doivent être gratuits "
C'est le titre d'un article de Jean-Yves Nau, ancien chroniqueur médical du Monde, sur Slate.fr.
La preuve est là: prendre en charge les médicaments contre le tabac est la plus rentable de toutes les actions de prévention.
La Grande-Bretagne l'a fait avec succès. Qu'attend le gouvernement français?, demande J-Y. Nau
Il explique que le malade de l'alcool n'est pas, en France, traité comme l'est le malade du tabac.
" Le premier a toutes les possibilités d'être totalement aidé pour se sevrer. Le second doit payer. Cela ne devrait plus être le cas car l'arrêt du tabac est aussi une affaire éminemment économique. C'est à dire politique. Une étude originale le démontre à la perfection. Elle est publiée dans le prochain Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire publié le 28 mai à l'occasion de la Journée mondiale 2013 sans tabac. "
Or, il y a une certaine urgence, puisqu'en France, les fumeurs représentent 34% des adultes et que leur nombre augmente chez les femmes et dans les classes socio-économiques défavorisées.
Face à cette situatio, des chercheurs français ont bâti un modèle pour estimer ce qu'il en est des coûts et de la survie. I
ls ont constitué deux groupes représentatifs des Français consommateurs quotidiens de tabac âgés de 15 à 75 ans, avec 1 000 fumeurs dans chaque groupe.
Le premier aurait bénéficié de la prise en charge à 100% du sevrage. Le second du forfait actuel de 50 euros. Le rapport coût-efficacité de la prise en charge à 100% a été exprimé en euros par année de vie gagnée.
Au final, la stratégie de prise en charge à 100%, comparée au forfait actuel de 50 ?, était de 1 786 euros par année de vie gagnée.
En d'autres termes, un investissement de ce montant dans le sevrage tabagique par l'assurance maladie équivaudrait à une année de vie gagnée - ce qui est notablement inférieurs aux autres actions aujourd'hui réalisée dans le domaine de la prévention. Ce calcul est fait avec l'hypothèse d'un taux moyen de rechute de 37% à 10 ans chez les anciens fumeurs sevrés depuis 1 an.
" Comparée aux autres mesures de prévention remboursées par l'assurance maladie, la prise en charge à 100% du sevrage tabagique apparaît de loin comme la mesure la plus coût-efficace ", résument les chercheurs.
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