Le calendrier des opérations
Une étude menée en Grande-Bretagne et parue dans le BMJ, met en évidence le fait que le taux de mortalité dans les trente jours suivant une opération chirurgicale non urgente est 82% plus élevé le week-end, comparé au lundi.
Les patients anglais devant subir une opération ont donc tout intérêt à réserver leur intervention un lundi, afin d'avoir le plus de chance d'être encore en vie trente jours après l'opération. Si le lundi est exclu, ils choisiront de préférence le mardi, car le taux de mortalité augmenterait progressivement au fil de la semaine pour être au plus haut le week-end.
Les auteurs ont étudié les cas de 4.100.000 patients ayant subi une opération non urgente dans des hôpitaux anglais entre 2008-2009 et 2010-2011, et ont analysé les causes de décès des 27.582 patients ayant succombé dans les trente jours après opération.
Ces résultats ont été obtenus alors que les responsables du NHS planchaient sur l'amélioration de la qualité des services de santé offerts par les hôpitaux anglais, une prise en charge moins adéquate ayant été observée durant les week-ends, souvent attribuée à une pénurie de médecins expérimentés.
Si les précédentes études s'étaient jusqu'ici surtout penchées sur l'issue plus défavorable des opérations effectuées en urgence durant le week-end, il s'est agi ici d'observer les opérations de chirurgie non urgente. Ainsi, une opération effectuée un vendredi était grevée de 44% de risques supplémentaires d'un décès dans les 30 jours suivant l'intervention, un pourcentage atteignant le taux vertigineux de 82% pour les opérations pratiquées le week-end. Sur les 4.100.000 interventions passées en revues, 5,5 patients/1.000 admissions et opérés un lundi sont décédés, pour 6,2 les mardis, 6,7 les mercredis et 7 le jeudi.
Le lundi à tout prix
Autre donnée intéressante qui ressort de cette étude : la même tendance à une mortalité supérieure le week-end est observée parmi les patients devant subir des interventions à bas risque.
Le plus haut risque de décès concernait les patients subissant une intervention à haut risque en fin de semaine. Ainsi, pour une résection intestinale, le taux de mortalité s'élevait à 20,1 patients/1.000 admissions le lundi, contre 30,6 patients dans les cas où l'opération avait eu lieu un vendredi.
Les auteurs s'interrogent sur les causes de ces différences, mais l'auteur principal Paul Aylin (Imperial College London) avance l'hypothèse que, les 48 heures suivant l'intervention étant déterminantes pour la bonne récupération du patient, la qualité moindre des soins prodigués le week-end -équipes réduites et moins expérimentées, éventuellement un moins bon accès aux outils diagnostiques ou aux soins aigus - constituait une explication plausible.
Tous les responsables s'accordent sur le fait que de telles différences liées au moment de l'intervention sont inadmissibles. Sir Bruce Keogh, directeur médicval du NHS au niveau national, a signalé au Guardian qu'un "forum" avait été mis en place " pour développer des options financières et cliniques afin que le NHS fournisse des soins de qualité 7 jours sur 7. Un rapport est attendu à l'automne.