Le parlement témoin de vives tensions autour de la reconnaissance de l'ostéopathie
La réunion des Commissions de la Santé publique de la Chambre et des Affaires sociales du Sénat a tourné mercredi à la foire d'empoigne entre experts venus éclairer les parlementaires sur la manière de procéder à l'enregistrement de l'ostéopathie, l'une des quatre pratiques non conventionnelles qui devrait être prochainement reconnue quinze ans après le vote de la loi Colla à l'origine de la démarche.
Membre de la commission paritaire Ostéopathie, le professeur de l'université de Gand Guy Vanderstraeten a dénigré le statut de cette pratique et vertement critiqué l'université libre de Bruxelles (ULB). Professeur à l'ULB, l'ostéopathe Yves Lepers s'est insurgé contre cette attaque en règle, s'offusquant de l'acte de "diffamation" perpétré par l'universitaire gantois contre une institution qui a produit trois prix Nobel. Ce dernier a persisté en soulignant qu'assurément "les critères permettant d'être professeur étaient différents d'une université à l'autre".
Le ton est également monté entre les représentants de l'ostéopathie et Simon d'Hooge, secrétaire général d'Axxon, syndicat de kinésithérapeutes, qui considère cette pratique comme une thérapie manuelle, spécialisation de la kiné.
Le débat fait rage depuis des mois entre défenseurs et opposants des pratiques non conventionnelles alors que dans les instances paritaires qui réunissent les praticiens et le monde académique, des avis ont été adoptés à la quasi-unanimité dans le sens de l'enregistrement et de la reconnaissance. Guy Vanderstraeten lui-même participe aux travaux de ces instances mais il a indiqué mercredi avoir été retenu à l'étranger lors de l'approbation de ces avis.
Certains parlementaires ont marqué leur étonnement face au pugilat offert mercredi. "Je suis choquée et heurtée", a dit Muriel Gerkens (Ecolo). Même son de cloche chez Damien Thiéry (FDF) pour qui on est loin du consensus tant sur la formation que sur l'exercice de la profession. Ce dernier a également regretté les "attaques en règle" contre l'ULB, notant que selon certains "quelqu'un qui professe à l'ULB ne pourrait pas le faire à Gand". Le député FDF a également perçu dans les débats des revendications communautaires autour d'un projet privé qui rassemblerait les seuls Flamands et Néerlandais alors que l'ambition de la ministre est de proposer un projet fédéral pour l'ensemble des patients du pays.
Alors que l'ULB propose un master complémentaire d'un an qui est l'aboutissement de cinq années d'études en Sciences de la Motricité, une formation à l'ostéopathie est organisée en Flandre par Fico, un organisme privé.