Mieux suivre les bébés prématurés ou en retard de croissance réduirait la mortalité
Une plus grande attention portée à l'égard des bébés prématurés ou nés avec un retard de croissance pourrait réduire la mortalité infantile dans les pays à revenus bas et moyens, révèle une enquête internationale publiée jeudi dans la revue The Lancet et à laquelle ont collaboré l'Institut de médecine tropicale d'Anvers et l'université de Gand.
Les chercheurs ont analysé les données liées à deux millions de naissances en Afrique, Asie et Amérique du Sud au cours des 30 dernières années. Leurs conclusions, fondées sur le plus grand ensemble de données rassemblées jusqu'à ce jour dans ce domaine, devraient guider les stratégies actuelles et futures de réduction de la mortalité infantile.
De précédentes études s'étaient focalisées sur le faible poids du bébé à la naissance (moins de 2,5 kg) mais cela a conduit à exclure des enfants qui pesaient plus de 2,5 kg à la naissance mais tout en étant tout de même nés prématurément ou trop petits.
Il apparaît désormais pertinent d'aller au-delà de la simple question du poids du nouveau-né et de vérifier également si un bébé est né trop petit ou trop tôt. "Par exemple, il est crucial que les services de santé mesurent avec précision l'âge gestationnel du nouveau-né, car il fournit des informations précieuses sur ses problèmes de santé à venir et affecte directement le plan de traitement médical du bébé", souligne Dominique Roberfroid, chercheur à l'institut de médecine tropicale.
Les recherches ont mis en évidence le fait que beaucoup de bébés nés dans les pays à revenus bas et moyens naissent trop petits (de 62% des bébés en Inde à 7% au Chili) tandis qu'une plus petite part des nouveaux-nés étaient prématurés (de 28% au Pakistan à 4% en Afrique du Sud). L'étude a confirmé que la naissance prématurée est associée à un risque de mortalité plus élevé.
"En Afrique, le risque de mourir au cours du premier mois de vie est doublé pour les bébés trop petits et est multiplié par six pour les prématurés. Le risque de décès est encore plus grand si le nouveau-né est à la fois trop petit et né trop tôt", poursuit Dominique Roberfroid.