Détection des cancers : de nouvelles pistes...
Il est indispensable de disposer de moyens sûrs et efficaces pour détecter les cancers de manière la plus précise possible. Amin Kassis et ses collègues de la Harvard Medical School font appel aux globules blancs...
Le talon d'Achille des tests de détection de cancers non invasifs réside dans la méthode employée. En effet, on compare la signature ou la valeur de tests par rapport à la moyenne des valeurs ou signatures obtenues dans une population contrôle. De cette manière, la valeur de base n'est pas spécifique au patient par rapport à son âge, son sexe, sa race et même par rapport aux pathologies non liées au cancer... Tout ceci conduit à une sensibilité, une précision et une spécificité suboptimales. Dans des études récentes, Kassis et son équipe ont montré que beaucoup d'oncogènes, de gènes ou de protéines associés au cancer sont exprimés différemment dans les globules blancs chez des souris porteuses d'un cancer prostatique et celles qui n'en souffrent pas.
Etudier les morts...
Le rôle des globules blancs est plus important qu'on le pense généralement, car plus de 25% des cellules des tumeurs solides sont apoptotiques et chaque jour les tumeurs solides libèrent des milliers de cellules cancéreuses dans la circulation (CTC). " Or, précise Amin Kassis, on ne détecte pas cliniquement ces métastases, c'est donc que la plupart de ces cellules meurent chaque jour. De plus, si on se réfère aux études sur les CTC, elles sont le plus souvent apoptotiques. " Ainsi Rossi et ses collègues ont montré que 79% des CTC mammaires détectées sont apoptotiques tout comme 92% des CTC de cancer colorectal et 90% des CTC dans les cancers rénaux. Or, ces " déchets " cellulaires sont composés d'ADN, d'ARN et de protéines. Par chance, les ARN inclus dans les corpuscules apoptotiques sont protégés de la dégradation dans le sérum. Ils sont ensuite phagocytés par les macrophages.
Spécifique et sensible !
C'est ainsi que les chercheurs de Harvard ont isolé les échantillons d'ARN isolés du sang périphérique de patients avec un cancer prostatique et de donneurs de sang. Ils ont ainsi quantifié l'expression de chaque gène dans ces cellules pour chaque patient et chaque contrôle. L'idée était évidemment d'identifier les signatures génomiques spécifiques acquises ou exprimées par les macrophages. Ils ont comparé les résultats obtenus avec les macrophages et ceux du PSA. La sensibilité de ce dernier a été de 0,76 alors que pour les macrophages, la sensibilité atteint 0,983 et la spécificité 1 ! Pour les neutrophiles la sensibilité est de 0,879 et la spécificité de 1 également. Ce test qui a reçu le nom de SNEP, abréviation pour Substraction Normalizes Expression Phagocytic Assay, a donc prouvé son efficacité pour distinguer les patients développant un cancer non invasif et ceux qui n'en souffrent pas. Ceci constitue la promesse de la mise à disposition bientôt d'un test sanguin beaucoup plus fiable...
Source : Amin Kassis et al Abstract 98765