Un classement des "meilleurs" hôpitaux du nord du pays: les MC brisent un tabou
L'aile flamande des mutualités chrétiennes a décidé de rendre public un classement des hôpitaux du nord du pays où peuvent être soignés les patients atteints d'un cancer de l'oesophage, rapportent lundi les quotidiens De Standaard, Het Nieuwsblad et Le Soir. Les réactions, émanant notamment du KCE, ne se sont pas fait attendre. Le Collegium Chirurgicum réagit également et parle de nécessaire multidisciplinarité.
L'organisation mutualiste brise un tabou : si ces "hit-parades" sont habituels dans d'autres pays, notamment en France, la Belgique les a jusqu'ici toujours entourés d'une sévère confidentialité, indique Le Soir.
Les mutualités chrétiennes ont extrapolé les dossiers de leurs membres pour identifier les UZ de Louvain et de Gand comme les deux seuls hôpitaux flamands, sur 24, qui répondent à la norme du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) fixant un minimum de 20 patients annuels à soigner pour garantir les meilleures chances de survie à un cancer de l'oesophage. Les 22 autres institutions sont sous la norme.
"Je sais que par le passé, nous n'avons jamais rendu ces données disponibles, mais le secteur des soins a changé", se justifie Marc Justaert, président des mutualités chrétiennes. "Les différences constatées pour cette pathologie sont très grandes, et c'est ici une question de vie ou de mort."
Raf Mertens, le directeur général du KCE, souligne que les autorités doivent garantir des soins de qualité à tous les patients, et non uniquement aux plus nantis.
"Chacun doit remplir son rôle", estime Raf Mertens, commentant l'initiative des MC. "Mais pour nous, il est primordial que les autorités puissent garantir des soins de santé de qualité à tous les patients, et pas uniquement aux plus nantis."
Selon le centre, cette mission est possible en organisant la centralisation. Cela signifie par exemple que les maladies rares et potentiellement mortelles, comme le cancer de l'oesophage, soient traitées dans un nombre réduit de centres.
C'est également valable pour les traitements nécessitant des hautes technologies. "Cela ne veut pas dire que tout doit aller vers les hôpitaux universitaires. Les plus petites institutions ont aussi une place à prendre", commente Raf Mertens. Le KCE plaide également pour un suivi des indicateurs de qualité par les autorités.
Le Dr Philippe Nafteux (UZ Leuven), qui a collaboré au rapport du KCE concernant les cancers de l'oesophage et de l'estomac, estime également que des centres hospitaliers plus modestes peuvent être performants. Il a affirmé sur les ondes de Radio 1 que "les prestations des hôpitaux de notre pays sont globalement meilleures que dans les pays voisins". D'après lui, le fait que les grands centres hospitaliers obtiennent de meilleures performances en matière de mortalité périopératoire, de complications et de survie à plus long terme n'est pas étonnant et est un fait attesté depuis longtemps. "Il ne s'agit pas uniquement de l'expérience, mais aussi de la structure et de l'organisation des grands centre hospitaliers."
"Un encadrement structuré, de la collaboration et de la pluridisciplinarité sont, dans cet ordre, les clés de voûte d'un traitement optimal du cancer", réagit lundi de son côté le Collegium Chirurgicum, un organe qui regroupe des spécialistes et chirurgiens belges, à propos des hôpitaux du nord du pays où peuvent être soignés les patients atteints d'un cancer de l'oesophage. Le Collegium insiste sur le fait que dans chaque province belge, deux à trois hôpitaux sont spécialisés dans le traitement chirurgical du cancer, et qu'il faut renforcer ces structures. "La collaboration et mise en commun des résultats permettront d'améliorer la qualité."
L'organe ajoute que la qualité n'est pas uniquement liée au nombre d'interventions pratiquées. Les chiffres du Standaard doivent être multipliés par 2 ou 2,5, étant donné que le journal ne se base que sur les patients des Mutualités chrétiennes, souligne-t-on. "On obtient dans ce cas un nombre nettement plus élevé d'hôpitaux qui arrivent au critère de patients opérés par an."