Euthanasie: l'espoir d'un vote avant les congés semble compromis

Les groupes socialistes et libéraux, dont des représentants avaient présenté la semaine dernière à la presse des propositions en vue d'étendre l'actuelle loi autorisant l'euthanasie, ont essuyé mercredi une volée de bois vert en Commission du Sénat.
Le cdH et le CD&V s'en sont pris à leurs partenaires de majorité alors que la N-VA et les Verts ont appelé la majorité à mettre de l'ordre dans ses rangs pour la bonne tenue du débat parlementaire.
Le coprésident MR de la Commission Alain Courtois a indiqué qu'il n'y aurait plus qu'une seule réunion consacrée à l'euthanasie avant les vacances parlementaires, mettant fin à l'espoir entretenu par certains de voter l'élargissement au Sénat avant le congé.
Seuls auteurs des nouvelles propositions de loi à être présents mercredi en Commission, Jean-Jacques De Gucht (Open Vld) et Guy Swennen (sp.a) ont tenté en vain d'obtenir de leurs collègues un rythme soutenu pour la poursuite des travaux. Impossible, leur a répondu Alain Courtois, vu l'agenda chargé en Commission de la Justice.
Autre co-président, la sénatrice Elke Sleurs (N-VA) a regretté la stratégie choisie par les sénateurs socialistes et libéraux à l'initiative des nouveaux textes. Ils ont déjà été présentés à la presse alors que nous n'en disposons toujours pas, a-t-elle regretté, un point de vue également défendu par Alain Courtois, dont la cheffe de groupe Christine Defraigne a pourtant cosigné les nouvelles propositions.
Critiques vis-à-vis de leurs partenaires de majorité, Els Van Hoof (CD&V) et André du Bus (cdH) n'ont pas exclu de demander de nouvelles auditions sur base des nouveaux textes.
Dans l'opposition, Freya Piryns (Groen) a appelé la majorité à "cesser les petits jeux politiques sur le dos des mourants".
Les quatre nouvelles propositions de loi seront prises en considération par l'assemblée plénière jeudi, ce qui permettra d'en débattre. Mais la seule réunion encore consacrée à l'euthanasie avant les vacances parlementaires est fixée au 10 juillet, a annoncé Alain Courtois.
Dans un communiqué, le président du MR Charles Michel a rappelé que "chaque parlementaire MR dispose de la liberté de voter en âme et conscience comme c'est le cas lors de tous les débats éthiques au Parlement. C'était le cas lors des votes sur l'euthanasie en 2002 et sur l'avortement en 1990".
Charles Michel a également tenu à rappeler qu'il s'agit d'un débat parlementaire à l'initiative de sénateurs. "Il est fondamental dans notre pays que des parlementaires puissent s'extraire de toute immédiateté médiatique pour approfondir des réflexions éthiques complexes", a-t-il souligné.
Enfin, le président des réformateurs considère que "ce débat sur l'euthanasie des mineurs n'est pas une affaire de gouvernement. Ce débat est une initiative du Sénat, c'est donc au parlement à définir les modalités et à déterminer le calendrier du vote des textes déposés", a précisé Charles Michel.