Les ventes du secteur pharmaceutique sous leur niveau d'avant crise jusqu'en 2017
Les ventes dans le secteur de la pharmacie en Europe ne devraient pas excéder leur niveau d'avant-crise d'ici 2017, selon une étude du cabinet d'audit et de conseil Deloitte publiée mercredi. De son côté, pharma.be met en évidence le fait que plus d'un quart des médicaments lancés en Europe ces trois dernières années n'ont fait l'objet d'aucune demande pour un lancement sur le marché belge.
La croissance du chiffre d'affaires dans le secteur pharmaceutique devrait rester modeste, ont souligné les auteurs de l'étude du cabinet Deloitte, qui estiment que la progression des ventes devrait se situer à 0,9% sur une base annualisée pour la période allant de 2011 à 2017.
Le manque à gagner en terme de recettes par rapport au niveau d'avant-crise devrait toutefois être rattrapé d'ici 2016, ont-ils précisé.
L'industrie pharmaceutique est lourdement touchée par les mesures d'austérité sur le vieux Continent, qui ont poussé de nombreux gouvernements à tailler dans les dépenses de santé, ont encore pointé les auteurs.
Dans ce secteur où les coûts fixes sont globalement élevés, les médicaments font partie des premiers postes où s'opèrent les coupes, notamment en renégociant à la baisse le prix des médicaments ou en n'ayant plus systématiquement recours aux médicaments génériques.
Dans les cinq pays européens durement touchés par la crise, à savoir la Grèce, l'Espagne, l'Irlande, l'Italie et le Portugal, les mesures de compression de coûts sur les médicaments ont ainsi contribué à générer 7 milliards d'euros d'économies, ont fait valoir les auteurs de l'étude.
Ces mesures d'économies sont lourdes de conséquences pour le secteur, notamment dans la mesure où elles rendent plus difficiles la commercialisation de nouveaux médicaments.
De Tijd souligne dans ses colonnes qu'un quart des nouveaux médicaments ne sont pas lancés en Belgique, d'après une étude menée par pharma.be.
En effet, il semble que les entreprises pharmaceutiques internationales laissent de plus en plus la Belgique de côté lors du lancement de nouveaux médicaments.
Plus d'un quart des médicaments lancés en Europe ces trois dernières années (24 sur 91) n'ont fait l'objet d'aucune demande pour un lancement sur le marché belge, rapporte De Tijd sur base d'une étude de pharma.be.
Les entreprises pharmaceutiques boudent la Belgique car les décisions relatives au remboursement se font trop longtemps attendre ou parce que l'assurance maladie a déjà décidé de ne pas les rembourser. Un quart des médicaments ne font l'objet d'aucune demande pour un lancement sur le marché belge. Il s'agit surtout de médicaments pour le cancer, le diabète et le coeur.
"Nous remarquons que l'assurance maladie belge est devenue tellement critique et le prix des remboursement tellement bas que les firmes pharmaceutiques laissent de plus en plus la Belgique de côté", explique Leo Neels de pharma.be. "C'est un phénomène récent. Auparavant, les derniers traitements de meilleure qualité étaient disponibles en Belgique. Mais ce n'est plus le cas maintenant."