Le nouveau plan de lutte contre le paludisme de l'OMS ne donne pas des résultats partout
Compte tenu de l'augmentation considérable des coûts de traitement du paludisme, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé qu'il fallait d'abord établir le diagnostic avec certitude avant de traiter la maladie, rappelle l'Institut de médecine tropicale (IMT) à Anvers.
A cet effet, l'OMS a mis en place des tests rapides, une variante du célèbre test de grossesse, pour lesquels on utilise une goutte de sang.
Les chercheurs de l'IMT concluent que la nouvelle approche n'est pas fiable et que l'analyse coûts-avantages est négative dans des régions où le paludisme est très fréquent.
Les chercheurs ont effectué des recherches au Burkina Faso pour vérifier s'il est utile de mettre en place des tests rapides.
Ils ont d'abord montré que le test ne permettait pas de déceler tous les cas de paludisme, en particulier chez les jeunes enfants, qui sont le plus souvent victimes de la maladie.
Les chercheurs ont ensuite établi que le personnel soignant donnait malgré tout un traitement contre le paludisme à quatre patients sur cinq en dépit d'un test négatif.
Etant donné que la maladie ne peut pas être exclue sur la base des symptômes, la règle locale est de donner au patient un traitement contre le paludisme en cas de fièvre.
On a également constaté des tests faussement positifs pour certaines personnes qui étaient porteuses du parasite, tout en maintenant une résistance, mais qui étaient malades pour d'autres raisons.
Ils ont dès lors reçu un traitement superflu contre le paludisme, tandis que la pneumonie ou la méningite à l'origine de la fièvre n'étaient pas traitées.