Un système de santé exceptionel
Jean-Pascal Labille, nommé il y a quinze jours ministre des Entreprises publiques et de la Coopération au Développement, chargé des grandes villes au sein du gouvernement fédéral, pour remplacer Paul Magnette, se confie dans une interview au Journal du médecin. Il dresse pour nous le bilan de ses "années mut" et confirme qu'après ce mandat, il reprendra les rennes de la Mutualité socialiste-Solidaris. La notion d'hospitalisation à domicile en collaboration avec les médecins généralistes et les hôpitaux lui tient particulièrement à coeur.
Jean-Pascal Labille, nouveau ministre des Entreprises publiques
Lorsqu'on lui demande quelles sont ses plus belles victoires à la tête de la mutualité ces dernières années, Jean-Pascal Labille répond en premier lieu, sans la moindre hésitation, l'accord médico-mutuelliste fraîchement conclu, même s'il n'a pas contribué à sa finalisation. "Et dans ce contexte-là, je tiens vraiment à rendre hommage à Jo De Cock, qui a beaucoup travaillé pour que cet accord soit possible. C'est vraiment un grand monsieur", commente-t-il.
"Il est essentiel que dans le système qui est le nôtre, la concertation soit préservée. Le fait qu'on ait pu aboutir à un accord au-delà des difficultés, au-delà des clivages, est un point essentiel, même si on sait très bien que cette concertation va devoir évoluer, être modernisée", poursuit le ministre Labille.
Un système de santé exceptionnel
"Un autre élément, également lié aux soins de santé en Belgique, est notre système. Arrêtons de broyer du noir. Il suffit de regarder ce qui se passe à l'étranger et de comparer. Nous avons un système de santé tout à fait exceptionnel. Il faut le souligner, mais il faut aussi réaliser qu'il doit être adapté, être modernisé et, à certains endroits, rationalisé", indique le Liégeois. "A cet égard, soulignons aussi la qualité de ce service tant en termes d'accessibilité que de qualité de médecine, que ce soit de la part des hôpitaux ou des médecins."
Et quand il en vient à la mutualité, Jean-Pascal Labille tient tout d'abord à épingler leur projet stratégique 'Horizon'. "Ce projet positionne la mutualité, dans les dix ans qui viennent, en trois axes. Le premier consiste à demeurer un acteur incontournable dans la gestion de l'assurance maladie-invalidité. Et là, la mutualité a une plus-value importante à jouer, au niveau de la simplification des services rendus tant aux patients qu'aux prestataires. Le deuxième est d'être un acteur full services. La mutualité a d'énormes services à rendre aux patients. "
"Et le troisième axe consiste à être un acteur social et politique, car en tant que représentant plus de trois millions de Belges, nous avons non seulement le droit, mais aussi le devoir de parler et de peser sur les décisions politiques qui peuvent être prises en matière de sécurité sociale, de santé ou de société, car je pense qu'on n'a jamais été dans une société où le point de basculement entre la pauvreté et la précarité est aussi grand", ajoute l'ex-patron de la mutualité socialiste.
Un retour déjà prévu
Le socialiste qui s'est mis au service de son parti pour assumer le poste de ministre qui lui a été confié confirme qu'il ne s'agit toutefois que d'une mission temporaire et qu'il reviendra bel et bien à la mutualité au terme de son mandat ministériel.
"Quand je serai de retour, mon but est de continuer à amplifier ce projet d'entreprise, parce qu'il est sur la bonne voie. On l'a lancé il y a environ trois ans. Il est là pour dix ans. Dans quinze mois, il sera forcément plus loin. Et la qualité des équipes est telle qu'elles auront continué à le faire évoluer. Je reprendrai alors le train en marche pour redonner quelques impulsions, mais les objectifs resteront les mêmes", affirme Jean-Pascal Labille.
Au niveau des dossiers, plus concrètement, le DMG+ et le Màf sont là deux exemples des dossiers en cours de développement que l'actuel ministre compte bien suivre et continuer à développer dès son retour. "La réorganisation du pôle hospitalier en Wallonie va aussi être un dossier extrêmement important. La notion d'hospitalisation à domicile, bien évidemment en collaboration avec les médecins généralistes et les hôpitaux, est encore une autre de mes priorités. Nous avons besoin de nouvelles formes de prise en charge du patient, adaptées à l'évolution de la société", ajoute le socialiste.
Bref, pour Labille, "on doit simplifier administrativement les mécanismes actuels. Un sujet où les médecins sont très demandeurs de simplification est le secteur des médicaments. Il faut à la fois instaurer des contrôles, mais aussi simplifier."
"Mais j'insiste surtout sur le fait qu'il faut absolument innover en matière de prise en charge. Ce point me paraît essentiel ", conclut-il.
Dammel France