Dire oui ou non avec sa seule pupille ?
Aider des patients cérébro-lésés à communiquer ou évaluer l'état de conscience de patients comateux en mesurant leur seule pupille ? Une équipe internationale de chercheurs, dont deux Liégeois, y croient.
Des chercheurs allemands, américains, australiens et belges parmi lesquels figurent Steven Laureys et Camille Chatelle du Coma Science Group de l'Université de Liège ont pu mesurer au moyen d'une caméra et d'un ordinateur la dilatation de la pupille de patients physiquement dans l'incapacité de communiquer et associer cette dilatation à la réponse " oui " ou " non " à des questions simples.
Il n'en faut pas plus pour que ces chercheurs rêvent de pouvoir à court ou moyen terme aider par cette technique des patients cérébro-lésés à communiquer de même que mesurer l'état de conscience de patients comateux.
A la base de cette découverte qui ouvre bien des portes, la constatation, sur des sujets sains, que tout effort mental entraîne la dilatation de la pupille et en particulier la charge mentale associée à la résolution d'un problème arithmétique (suite à l'apparition de 'oui' ou 'non' suite à une réponse correcte).
" Le même système transposé chez des patients atteints d'un syndrome d'enfermement (locked-in syndrome) à la suite d'un accident vasculaire cérébral a permis de vérifier l'intérêt de la méthode ", expliquent Camille Chatelle, premier auteur de cette étude avec Wolfgang Einhäuser de la Philipps-University de Marbourg en Allemagne et Steven Laureys du Coma Science Group de l'Université de Liège. " En effet, beaucoup de ces patients ont montré des réponses adéquates par la simple mesure du niveau de dilatation de leur pupille, Il est remarquable qu'un système physiologique aussi simple que la pupille puisse être un riche vivier de réponses utilisables pour une tâche apparemment complexe qui, jusqu'à présent, semblait nécessiter une machinerie lourde telle que l'IRM fonctionnelle ou l'EEG, par exemple. "
En outre, comme on l'a dit, ce système prometteur pourrait " apporter la preuve d'une conscience résiduelle et permettre à des patients souffrant par exemple d'un syndrome d'enfermement complet de retrouver un moyen de communication "