Dépression chez les adolescents : la psychothérapie encore largement inaccessible (Mutualités libres)
Selon une analyse de l'Union nationale des Mutualités libres, un tiers des 12-18 ans traités par antidépresseurs consomment ces médicaments pendant moins d'un mois. " C'est trop court pour espérer un quelconque bénéfice ", pointe l'organisme assureur. " Seuls 11% des ados sous antidépresseurs sont suivis par un psychothérapeute alors que c'est le premier traitement recommandé. " La raison ? Un suivi financièrement inaccessible.
4 à 5% des ados souffrant de dépression, les ML ont analysé les données de 2.391 adolescents ayant consommé au moins un antidépresseur en 2011.
L'analyse a débouché sur deux constatations plus qu'interpellantes :
1. Seule une minorité des adolescents sous antidépresseur suit une psychothérapie (11% d'après des données de remboursement de l'assurance complémentaire des ML). L'organisme assureur rappelle que, d'après les recommandations, " la prise en charge de la dépression chez les 12-18 ans devrait d'abord reposer sur la psychothérapie, en association avec un antidépresseur dans les cas de dépression sévère ".
2. Trop souvent, des antidépresseurs sont consommés pendant une durée insuffisante : 31% des ados prennent en effet ces médicaments pendant moins d'un mois, 50% pendant moins de 2 mois. " On peut dès lors se poser la question de l'utilité des prescriptions d'antidépresseurs dans ces cas sachant que pour une dépression majeure, la durée de traitement recommandée oscille entre 6 mois et 9 mois. "
Hélas, pointe le troisième OA du pays, la psychothérapie reste souvent financièrement inaccessible, d'autant que le remboursement ne concerne que les traitements pris en charge par un docteur en médecine (un psychiatre en l'occurrence, métier en pénurie par ailleurs) et les médicaments.
Les Mutualités libres plaident donc " pour une accélération du processus de reconnaissance officielle des psychothérapeutes et psychothérapies ayant fait leurs preuves " sur base de l'EBM.
Cette reconnaissance " pourra ouvrir la voie à un remboursement au moins partiel de ces psychothérapies et ainsi favoriser leur accès ". Cela permettra à terme " de faire reposer la prise en charge des troubles psychologiques sur les recommandations thérapeutiques et non plus sur les moyens financiers des patients ".