Allemagne: début d'un procès pour fraude au don d'organes

Un chirurgien est jugé depuis lundi en Allemagne pour avoir falsifié des dossiers médicaux afin que ses patients bénéficient de transplantations au détriment d'autres malades en attente d'organes. Aiman O., 46 ans, médecin et ancien responsable du centre de transplantations de la clinique universitaire de Göttingen (centre), répond devant un tribunal de la ville tentative de meurtre dans onze cas.
Selon l'accusation, le praticien aurait, afin d'obtenir plus rapidement des organes, manipulé les données de certains de ses patients avant de les transmettre à Eurotransplant, agence en charge des attributions de dons pour l'Autriche, la Belgique, la Croatie, l'Allemagne, la Hongrie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Slovénie. Il aurait par cette démarche privé des malades plus sévèrement atteints et pour certains, entraîné leur décès.
Dans trois autres cas, il est en outre reproché au médecin d'avoir transplanté des foies à des malades qui n'étaient pas en mesure de les recevoir, ayant entraîné la mort de chacun des patients.
A l'ouverture du procès, le médecin, par la voix de son avocat, a réfuté toutes les accusations portées contre lui.
Cette affaire avait fait les gros titres en Allemagne et conduit à une chute des dons dans le pays où, en moyenne, quelque 12.000 personnes sont en attente d'un don d'organe.
Dans la foulée de ce premier dossier, une commission indépendante avait été mise sur pied et a conduit à la découverte d'autres irrégularités, notamment à Leipzig (est).
Au sein de la clinique universitaire de cette ville, trois médecins ont été suspendus après la révélation de manipulations lors de transplantations de foie, en vue, là encore, d'accélérer des dons.
Dans cet établissement, entre 2010 et 2012, 38 patients en attente d'un don de foie avaient ainsi été inscrits sur un registre de transplantations comme étant sous dialyse, ce qui les avait fait remonter dans la liste des opérations prioritaires.