La Belgique de plus en plus sévère avec les demandeurs d'asile séropositifs

Le Soir de ce mardi se penche sur les conséquences de la loi du 8 janvier 2012 qui a instauré un " filtre médical " rendant beaucoup plus restrictives les conditions d'octroi de l'asile aux personnes séropositives. Des médecins spécialistes du sida s'alarment du fait que notre pays s'éloigne des principes de la charte Onusida, tandis que l'Office des étrangers affirme que ses médecins conseils ne font qu'appliquer la loi. Des malades témoignent.
En 2012, la Belgique n'a accordé que 535 autorisations de séjour pour motif médical, soit près de deux fois moins qu'en 2011, alors que le nombre de demandes est passé de 16.669 en 2011 à 25.597 en 2012. Les autorisations de séjour pour raisons médicales ne sont désormais plus octroyées qu'aux demandeurs gravement malades dont la vie est menacée
Le dossier du Soir épingle les réactions de médecins travaillant dans deux des centres de référence sida de notre pays (CHU de Charleroi et Erasme). Tous deux évoquent une catastrophe pour certains de leurs patients, soignés en Belgique depuis plusieurs années, qui affichent pour la plupart un taux de CD4 indétectable et dont le renvoi dans leur pays d'origine risque de signer leur arrêt de mort.
"Actuellement, en Afrique, moins de la moitié des personnes qui ont besoin d'un traitement pour survivre à l'infection par le VIH en reçoivent effectivement un ", explique le Dr Demeester (CHU de Charleroi). Alors que les médecins dénoncent les manquements de la politique d'asile actuelle en Belgique quant au respect des normes édictées par la charte Onusida, l'Office des étrangers se défend en expliquant que les demandeurs d'asile déboutés le sont seulement si les médecins conseils estiment que ces malades auront accès à des soins valables dans leur pays. Le Rwanda, le Burundi, la RDC, l'Equateur sont ainsi estimés comme médicalement "sûrs".
Quant à la secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Maggie De Block, elle réagit via sa porte-parole dans les pages du quotidien, arguant que l'Office des Etrangers ne fait qu'appliquer les règles votées démocratiquement. Elle se dit persuadée que la lutte contre les abus permettra de " mieux donner satisfaction, et plus rapidement, aux demandeurs d'asile qui en ont vraiment besoin. "