Urgences : la Flandre veut faire table rase
"On ne peut pas continuer à appréhender les urgences comme on le fait actuellement", pense le Dr Jan Stroobants, Chef de service des urgences au ZNA Middelheim. " Le changement est nécessaire, et cela nécessite de faire tabula rasa ". Ce alors qu'il préside en Flandre les Journées de la médecine générale d'Anvers.
Le Dr Stroobants préside les Journées de la médecine générale d'Anvers (Geneeskundige Dagen Antwerpen - GDA) en duo avec Hilde Philips (médecin généraliste à Deurne et chercheur au centre de médecine générale de l'UA). Ces journées qui sont le rendez-vous de tous les MG flamands, sont placées cette année sous le signe de la médecine d'urgence. 'Brave new world' est l'intitulé de ce symposium de plusieurs jours. Les présidents en expliquent le sens.
"Il n'est plus possible d'aborder les urgences comme nous le faisons aujourd'hui", affirme d'emblée Jan Stroobants. "Le changement s'impose, de manière transparente, et simultanément dans le pays. Ce symposium doit être l'occasion d'une analyse : où en est-on aujourd'hui et où se situent les problèmes ? Mais nous voulons surtout dessiner de possibles solutions pour demain : quels sont les facteurs qui compliquent la bonne collaboration et comment améliorer la situation dans l'avenir ? "
'Travailler ensemble'
"La meilleure forme de collaboration consiste précisément à 'travailler ensemble', de manière non-échelonnée", accentue le médecin urgentiste. " En outre, nous voulons approcher différemment l'éternelle discussion au sujet de ce qui doit ou non être considéré comme urgent : les soins sont-ils planifiables ou pas ? Nous examinons le phénomène de cette manière, du point de vue du patient : celui-ci est confronté à des situations planifiables, dont certaines sont urgentes ou vitales, et d'autres pas. "
Les interactions et constructions en place actuellement freinent parfois la bonne collaboration au bénéfice du patient, poursuit le duo de présidents. " Pour cette raison, nous faisons tabula rasa, afin d'aboutir à un concept qui incite à la réflexion. Si nous constatons qu'une base assez large existe et qu'une semence peut germer pour organiser autrement à l'avenir les soins planifiables, de façon coût-efficace qui soit positive pour le patient et socialement acceptable pour les prestataires de soins, alors nous aurons atteint notre objectif ".
Chacun son territoire
Les présidents ne s'attendent pas d'emblée à un enthousiasme délirant. "Dans un premier temps, chacun voudra défendre son territoire. Mais je n'ai jamais compris pourquoi la collaboration revient actuellement en pratique surtout à éviter que personne ne mette les pieds chez le voisin ", évoque Stroobants.
Le décloisonnement des soins non-planifiables est un autre cheval de bataille des présidents des GDA. Hilde Philips: "En réalisant des économies d'échelles, nous pouvons travailler de manière bien plus performante, et socialement plus acceptable qu'actuellement. Cela bénéficierait aussi immédiatement aux soins planifiables. Imaginez que les médecins généralistes soient regroupés en un lieu central avec un certain nombre d'urgentistes et de spécialistes, appelables en permanence. On serait alors dans une tout autre configuration. C'est coût-efficace et l'on peut ainsi apprendre les uns des autres. Et en même temps, c'en serait fini des discussions du style " c'est mon patient et pas le tien ".