Les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale vont moins chez le médecin

Les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS) se rendent trop rarement dans le service médical adéquat, révèle la Mutualité chrétienne jeudi dans une étude basée sur leurs données de facturation pour les années 2010 et 2011. Seulement 63% de ces personnes se rendent chez le médecin généraliste au moins une fois par an, alors qu'il s'agit d'un des premiers indicateurs d'une bonne santé.
63 % de la population d'étude a eu au moins un contact avec un généraliste au cours de l'année, contre 72 % de la population de contrôle. Par contre, lorsqu'ils consultent un généraliste, ils se rendent chez lui plus fréquemment. Les bénéficiaires du RIS sont 4 fois plus souvent inscrits dans une maison médicale (12 % d'entre eux) que leurs correspondants de la population de contrôle. Mais, hors MM, ils sont moins nombreux à posséder un DMG. Pour la MC, le fait qu'une plus grande proportion de la population cible consulte en MM s'explique par la gratuité des soins mais aussipar l'existence d'activités connexes et l'offre d'une palette de soins plus large en un seul endroit.
La MC a également analysé le recours aux soins préventifs sous trois aspects (prévention dentaire, dépistage du cancer du sein et dépistage du cancer du col de l'utérus). Il apparaît que 20 % des bénéficiaires du RIS ont reçu un soin préventif dentaire en deux ans, contre 40 % dans la population de contrôle. Des chiffres très bas donc, malgré des taux de remboursement favorables.
Les femmes de 50 à 69 ans bénéficiaires du RIS se font moins souvent dépister pour le cancer du sein... Que ce soit de façon opportuniste (29 % de chances en moins) ou via le programme des autorités (15 % en moins).
Les femmes de 25 à 64 ans bénéficiaires du RIS sont moins souvent dépistées (15 %) que les autres pour le cancer du col de l'utérus.
A contrario, les hôpitaux, et plus particulièrement les services des urgences, sont plus fréquentés par les bénéficiaires du RIS. Les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale ont 1,6 fois plus de chances que la population de contrôle de se rendre aux urgences. Ils sont également plus nombreux (13,3 % ><8,3 %) à séjourner à l'hôpital général ou psychiatrique. Enfin, ils sont un peu plus fréquemment hospitalisés de jour.
La MC observe un phénomène identique en ce qui concerne la consommation des médicaments. Les populations sous le système RIS prennent plus d'antidépresseurs mais moins d'antibiotiques. Par ailleurs, cette population précarisée compte 1,5 fois plus de diabétiques que la population de contrôle. La piste la plus convaincante pour expliquer ce phénomène reste l'argument de l'hygiène de vie, avance la MC.
L'organisme assureur préconise une amélioration de la communication et de vulgarisation de l'information à destination du public précarisé ainsi qu'au niveau des campagnes de prévention.La mutualité souligne que de nombreuses dépenses peuvent être évitées grâce à des soins de santé préventifs.
Cette étude de la MC formule également quelques pistes. L'approche des soins de santé envers les bénéficiaires du RIS doit améliorer le fonctionnement des fonds de maladie. Cette approche doit être multidimensionnelle avec une communication claire et adaptée aux publics-cibles. C'est pourquoi la MC souhaiterait une meilleure collaboration avec les soins de première ligne, dont font partie les médecins généralistes, et une autre organisation des soins. Un débat on ne peut plus opportun à l'heure où la grogne monte au sein des MG concernant l'organisation des gardes.