Un "chèque-dentiste" controversé

Securimed, un organisme de tarification et de défense juridique pour médecins spécialistes et dentistes, a annoncé jeudi lancer des "vouchers" pour les soins dentaires non remboursés par l'Inami, dont le fonctionnement serait similaire à celui des chèques-repas. L'idée: l'employeur participe en partie au coût d'une intervention telle qu'un blanchiment, un implant ou le placement d'une couronne, via un chèque sans valeur faciale et utilisable chez les partenaires de Securimed. "Publicité illégale et appât du gain", rétorque l'asbl Société de Médecine dentaire, l'association professionnelle du secteur pour la Belgique francophone.
Michel Devriese, le président de l'association, contacté par l'agence Belga, condamne fermement le projet. "Je n'ai aucune considération pour les gens de Securimed, qui sont davantage des hommes d'affaires que des professionnels de la santé", assure-t-il.
Un des problèmes pointés par Michel Devriese se rapporte aux cabinets dentaires partenaires du "voucher". Il n'y en a actuellement que deux, soit les deux implantations de Dental Clinic" dont le nom apparaît sur le chèque et dont le responsable, David Hatzkevich, est indiqué comme co-auteur du communiqué annonciateur.
Robert Bourguignon, de Securimed, précise que tout cabinet dentaire peut demander à être partenaire mais qu'il doit présenter "des garanties objectives de sérieux".
"Sur quels critères pourraient-ils juger? Et pourquoi ne pas avoir contacté les autres cabinets avant de dévoiler le projet? En réalité, il s'agit uniquement d'une publicité tout à fait illégale pour Dental Clinic, ils jouent sur l'effet d'annonce. Ils prennent soin de parler de voucher plutôt que de chèque, car toute promesse de remise ou de bon pour des prestations médicales est interdite par une loi de 1958", explique Michel Devriese, remonté.
Selon Robert Bourguignon, les premiers vouchers sont prêts... Mais la déductibilité de ces avantages en nature reste à démontrer.