Grève des gardes: Namur en mode nippon
Afin de montrer leur solidarité avec leur confrère tournaisien kidnappé, les MG namurois, réunis au sein du RGN (Rassemblement des MG namurois), ont décidé depuis aujourd'hui de pratiquer la grève " à la japonaise " : soins aux patients avec brassard noir et folder explicatif.
Pour ceux qui se souviennent des grandes grèves chez Toyota dans les années 80 avec des ouvriers japonais qui continuent leur travail sur la chaîne de production, c'est un peu ce type d'action que proposent les MG namurois : ils assureront la continuité des soins lors des gardes mais ils porteront un brassard noir et distribueront aux patients un prospectus expliquant la problématique des gardes et les revendications des médecins.
" L'objectif de ce mouvement est de sensibiliser le public et les autorités au sentiment d'insécurité ressenti par les MG entre autres, lors des gardes et particulièrement des gardes de nuit ", explique le président du RGN, le Dr Philippe Jongen.
Les revendications des " grévistes " ne sont pas neuves : elles portent sur la création de postes de garde équipés et sécurisés afin d'améliorer la prise en charge des patients, un tri des appels (de type 1733) " afin que chaque appel reçoive une réponse adaptée ", la prise en charge des urgences vitales par le SMUR, un " désencombrement des gardes via un report des demandes ne relevant pas de la garde ", l'accompagnement des MG lors des visites à domicile " afin de limiter le sentiment d'insécurité ", le tout pour l'ensemble des périodes de garde (week-end et nuits de semaine).
Sur place, les MG du RGN expliqueront aux patients le bon usage de la garde : seront refusées, les demandes administratives, les mises au point, la prescription de médicaments chroniques et " tout autre problème pouvant attendre la reprise du travail du médecin traitant (ou de son remplaçant) ".
Le folder demande aux patients de n'appeler la nuit qu'en cas d'extrême nécessité (et si possible pas avant 8h du matin car " le médecin n'a peut-être pas dormi (sic)"). De " ne pas attendre l'après-midi ou la soirée ". " Sauf impossibilité ", poursuit le document, " déplacez-vous jusqu'au poste de garde ou à son cabinet (la consultation sera nettement moins chère !) ".