André Antoine présente des mesures concrètes
Le ministre des Sports, André Antoine, a présenté lundi à Jambes l'avant-projet de décret concernant la prévention des risques pour la santé dans le sport en présence de sportifs et de représentants de fédérations de football, basketball, judo, boxe... L'objectif de ce plan d'actions est la recherche du meilleur équilibre entre l'accès au sport pour tous et l'encadrement médico-sportif nécessaire à la pratique sportive.
"Le sport en Belgique francophone se porte bien, très bien même. Il n'y jamais eu autant de personnes qui pratiquent le sport", a commenté André Antoine.
Le nombre d'affiliés est passé de 454.891 en 2009 à 617.740 en 2013 (+36%). "A côté de ce succès, nous sommes tous ahuris quand nous entendons qu'il y a eu un décès", a poursuivi le ministre, faisant notamment allusion au décès de Julien Lierneux, 22 ans, décédé en plein match de football en juin dernier à Trois-Ponts ou à celui d'un coureur des vingt kilomètres de Bruxelles en mai dernier.
Ce plan d'actions visera donc d'abord la prévention. "Par des campagne d'information et de sensibilisation aussi bien à l'attention des sportifs, cercles et fédérations qu'à l'attention des médecins", explique André Antoine.
Ensuite, il se focalisera sur les devoirs des fédérations, des clubs et des sportifs. Un modèle de règlement médical sera proposé par une commission d'experts médicaux, sportifs et scientifiques. Il sera adopté par chaque fédération et contiendra des recommandations médicales générales et spécifiques avec des obligations renforcées pour les sports à risques particuliers (exemple: hockey sur glace ou football américain), les sports extrêmes (exemple: base jump) et de combat (exemple: boxe et kick-boxing).
Cela passera aussi par le renforcement de la visite médicale. "En fonction de l'âge, du type de sport et de son intensité, il faudra adapter la périodicité", a indiqué le ministre. Pour tout sportif qui pratique son sport en compétition (championnats, tournois, classements, etc), il y aura une visite médicale attestée par un certificat médical d'absence de contre-indication. Pour tout sportif pratiquant son sport à titre de loisir (donc sans compétition), il y aura une attestation sur l'honneur signée par le sportif lui-même ou ses représentants légaux s'il est mineur. Ces éléments ne sont pas encore imposés de manière stricte par tous les clubs et fédérations.
Cela passera également par l'encadrement renforcé pour les sports de combat (avec notamment la présence d'un médecin pendant toute la durée du combat, un carnet médico-sportif pour tous les sportifs de combat affiliés aux fédérations reconnues ou encore des interdictions de combat prévues en cas de perte de conscience) et des mesures pour les sports à risques extrêmes et de combat hors fédération sportive.
Enfin, des agents désignés par le gouvernement contrôleront le respect du décret. A la clé, des amendes administratives entre 10.000 et 30.000 euros sont possibles, de même que des interdictions temporaires d'organiser des activités de sports à risques, extrêmes ou de combat, ou encore des incidences possibles sur les subventions des fédérations reconnues.
Cet avant-projet a été approuvé en première lecture juste avant les vacances et est soumis actuellement à l'avis du Conseil supérieur des Sports et à celui de la Commission de la promotion de la santé dans la pratique sportive. "L'objectif est de le faire voter au parlement si pas fin de l'année, au début 2014", a conclu André Antoine. Il entrera ensuite en vigueur progressivement dans les mois qui suivront.