Radiologie : Le CHU de Liège consterné par les critiques
Les autorités académiques du CHU de Liège ont lu " avec consternation " les critiques très dures émises par le Consilium Radiologicum à propos de la mauvaise organisation du service de radiologie au Sart-Tilman et, corollaire, du supposé manque de qualité de l'enseignement de la maitrise complémentaire (doctorat). Le CHU du Sart-Tilman parle de dossier " nauséabond ", " manipulé ", de " sous-corporatisme " et même de " règlements de compte ".
Les autorités académiques du CHU de Liège ont découvert avec une certaine consternation la série d'attaques émanant notamment du Consilium Radiologicum sur sa gestion du service de radiologie et l'enseignement qui y est donné aux assistants de cette spécialité (Lire Jdm n°2331 et Lejournaldumedecin.com).
Elles estiment d'emblée - précision technique - que le Consilium radiologicum (CR) par la voix du Dr Christian Delcour, amalgame commission d'agrément et conseil supérieur. Or la première citée n'a pas d'avis à donner sur la nomination d'un maitre de stage. Le CHU note au passage que le CR est mal placé pour faire des critiques dès lors qu'il fusionne différentes casquettes, scientifique (bonne pratique) et syndicale notamment.
Les faits
Pour en venir aux faits, un rétroacte est nécessaire. L'affaire portée sur la place publique a démarré avec la retraite anticipée, à 60 ans, du chef de service de radiologie, le Pr Dodelinger. A cette époque, il a fallu pourvoir à la double nomination d'un chef de service et d'un professeur de radiologie. Un appel à candidature a été publié au Moniteur comme le veut la loi. Or les critères de Bologne exigent que le candidat soit porteur d'une thèse de doctorat. " Il se fait que la Belgique connait une carence scientifique nationale en termes de radiologues ayant défendu une thèse. Et cela fait des années que ça dure. Cela n'a pas d'incidence sur la qualité de l'organisation de la maitrise complémentaire. "
Le CHU de Liège note d'ailleurs que l'UCL et l'ULB connaissent des problèmes semblables qui ne sont pas complètement indépendants des salaires pratiqués par les CHU à l'endroit des radiologues : 150.000 € bruts annuels alors qu'une institution périphérique peut allonger entre 350 K€ et 550 K€, d'où sans doute les accusations de " pompe à fric " portées par un chroniqueur de Vivacité.
Concernant le fait que le chef de service n'est pas radiologue, le CHU l'explique par la raison suivante : l'hôpital a, dans un premier temps, devant l'hétérogénéité intrinsèque de la radiologie (urologique, digestive, interventionniste), imaginé un " département de radiologie " comme il existe à Sart-Tilman un "département de médecine interne" composé de 12 services (dont la cardiologie et la gastroentérologie) avec, à la tête de chacun d'eux, un chef de service. Ce département de radiologie était composé de sept services dont l'imagerie digestive. " La Société de radiologie a considéré que l'existence de différents services de radiologie, ce n'était pas acceptable comme fonctionnement - ce qui est en soi étonnant puisqu'il s'agit d'une décision de l'hôpital concernant son organisation interne. Soit. La commission de visitation (le 17 août 2011) a signalé que nous ne respections pas plusieurs articles de la Loi sur les hôpitaux. En février 2013, le CHU a donc décidé de créer un service de radiologie unique. En juin, il était approuvé par le conseil d'administration. "
Le CHU se dit " époustouflé " par le fait que le Jdm.com parle à propos du Dr Meunier d'un service dirigé par un radiologue " inconnu au bataillon " et que ceux qui se sont proposés au poste auraient reçu " des menaces " pour y renoncer.
En effet, en l'espèce, une commission mixte se penche sur les candidatures (au nombre de trois dans ce cas-ci). Les candidats sont entendus par 17 personnes et défendent leur dossier en 45 minutes. " Le Dr Meunier a été choisi à la majorité - 90% - et sa nomination a été entérinée par le conseil facultaire de médecine de l'ULg. Dire que son CV est 'mince' relève du procès d'intention. Il a publié un article (le minimum requis) paru, le comble, dans le Journal de la Société belge de radiologie d'où émanent certaines attaques. Nous signalons au passage que l'un de nos accusateurs n'a pas plus publié que le Dr Meunier."
Auparavant le CHU avait engagé comme chef de service un certain Dr Magotteaux mais celui-ci, en désaccord avec la structure en plusieurs services de radiologie (selon le CHU), a donné sa démission en mai 2012. Quant à la radiologue pédiatrique ("ancienne présidente de la société belge de radiologie", sous-entendu, pas la dernière des idiotes), candidate au poste, sa candidature n'a été acceptée que partiellement, l'empêchant de signer les plans de stage, ce que l'hôpital, plaidant sa bonne foi, n'avait pas anticipé.
D'où la nomination du Dr Meunier comme maitre de stage... " Il revient au conseil supérieur de se réunir pour accorder ce titre au Dr Meunier et approuver les quatre plans de stage des assistants. Ce n'est pas notre faute si le conseil ne s'est plus réuni! Lorsque le Jdm.com écrit que les plans de stage ne seront pas approuvés cette année, rappelons que nous avons jusqu'au 1er décembre pour le faire, alors, n'anticipons pas ! "
Perte de quatre assistants
" Quant à dire, comme le Dr Delcour, que nous avons 'perdu' quatre assistants, tout d'abord ce n'est pas ses affaires. Et deux : nous n'avons fait que respecter la loi. Recaser des assistants dans d'autres universités lorsqu'il y a pléthore, n'est pas un crime ! Ça se fait couramment ! "
L'hôpital du Sart-Tilman souligne le bras de fer permanent qu'il doit subir de la part d'une frange ultra-corporatiste de la radiologie. " La vérité est que la commission d'agrément, composée de Bruxellois qui ne nous aiment guère, voulait imposer un autre médecin au poste du Dr Meunier. Nous apprécions assez peu que les hôpitaux périphériques dictent leur loi. Nous n'interférons pas dans la politique interne du CHC ou du CHR (Centre hospitalier chrétien et hôpital de la Citadelle, NDLR)... "
Par parenthèse, le CHU de Liège ne croit pas à une radiologie qui monopoliserait les techniques. Or, la société de radiologie, selon le CHU, craindrait de devenir l'accessoire des autres services cliniques, ce qui expliquerait notamment les attaques dont l'hôpital fait l'objet.
Chiffon rouge
" Nous sommes las que tous les six mois, on agite le chiffon rouge devant la presse. On joue sur les mots lorsqu'on dit que le chef de service de radiologie n'est pas un radiologue. Le Service de radiologie fait partie du département de physique médicale où l'on retrouve la médecine nucléaire et la radiothérapie. Le chef du département est un académicien mais pas un radiologue, où est le problème ? Ces attaques ad hominem, qui émanent peut-être de l'ancien chef de service démissionnaire, sont honteuses. C'est nauséabond. "
Enfin, le CHU se dit sans voix par rapport à des accusations, "sans l'ombre d'une preuve", telles que " une affaire de gros sou ", l'avantage donné à un nucléariste (" comme si ceux-ci étaient des crétins "), une nomination " clairement politisée ", l'intention de " couler la radiologie " au Sart-Tilman ou, enfin, que la ministre Onkelinx ne serait pas " neutre " dans ce dossier. Bien que sur ce dernier point, notre correspondant rappelle "n'être pas Laurence Bovy, chef de cabinet de la ministre".