L'Absym a des sentiments mitigés sur le budget
L'Absym s'est abstenu au Comité de l'Assurance lors du vote du budget 2014. " Il faut voir cela comme une prise de position politique ", commente marc Moens. Le vice-président de l'Absym ne voyait vraiment pas de quoi faire des bonds de joie au sujet des mesures d'économies. "Mais nous ne voulions pas saboter la perspective d'une série de mesures, plus particulièrement les promesses d'augmenter la sécurité du service de garde des médecins généralistes. "
La logique des mesures actuelles pose cependant problème au Dr Moens. " Normalement, on regarde dans chaque secteur s'il y a un dépassement budgétaire, puis seulement ensuite on intervient. A présent, on le fait sans qu'il soit question du moindre dépassement ; C'est une situation fâcheuse ".
" Et pourtant, nous nous sommes abstenus. Pour commencer, nous sommes tout de même soulagés qu'une série de choses sont à présent moins graves qu'elles ne l'étaient au départ. " Ainsi, la ministre Onkelinx a par exemple laissé tomber l'idée de supprimer le budget pour une ECG lors de l'admission. Cela, au grand soulagement des cardiologues. Ceux-ci ont cependant dû lâcher du lest sur la coronographie. Et 8 millions d'économies supplémentaires suivent encore.
Mammographie digitale
Une idée qui était évoquée dans un premier temps concernait la suppression d'un budget de 8,3 millions destiné à la mammographie digitale. " Plus qu'un pont trop loin ", pour le Dr Moens. La discussion au sujet de la mammographie digitale revient depuis des années. " il y a cinq ans, le Conseil technique médical (CTM) recevait la mission de faire une proposition à ce sujet. Cela a été un accouchement difficile mais cela fait maintenant trois ans d'un accord existe. "
L'exécution en a par contre toujours été reportée. Récemment, les autorités ont à nouveau décidé de mettre la main sur l'ensemble de ce budget ; un mauvais signal selon le Dr Moens : la mammographie digitale limite l'exposition aux rayons, et c'est précisément un cheval de bataille de ce gouvernement. La mammographie digitale a encore d'autres avantages, tels que le recours aisé à une consultation. Le budget est à présent tout de même conservé, et c'est un plus important pour les radiologues.
Une autre raison pour ne pas refuser purement et simplement les mesures proposées concerne les promesses de la ministre Onkelinx d'améliorer la sécurité des services de gardes des médecins généralistes et des postes de garde. Une concertation a pu se dérouler à ce sujet ces dernières semaines. En outre, une bonne atmosphère régnait autour de la table au sujet du service de garde des médecins généralistes.
Et, encore un plus, l'indexation de 1,39 % est accordée à tous les médecins.
Dommage collatéral
Mais le budget actuel met l'eau à la bouche. La liste des nouveaux développements qui sont financés depuis longtemps dans nos pays voisins, mais pour lesquels nos autorités n'ont pas les moyens, ne cesse de croître. Marc Moens en prend pour exemple la médecine personnalisée en oncologie. Certains anti-tumoraux chers sont remboursés que suite à un test positif. Mais ces tests génétiques très chers ne sont eux-mêmes pas remboursés. Donc, si le patient ne paie pas de sa poche, il se prive du droit au remboursement de traitements qui sont encore plus chers.
Les économies sur le financement des hôpitaux causent bien quelques 'dommages collatéraux' pour les médecins. La suppression de certains forfaits les touche tout autant. Et les hôpitaux doivent continuer à faire face à un sous-financement. S'ils ne reçoivent pas l'argent des autorités, il faudra bien aller le chercher ailleurs. Le patient paie déjà beaucoup de sa poche en Belgique. Inévitablement, la direction des hôpitaux viendra donc à nouveau frapper à la porte des médecins.
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