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Surfacturation : le MoDeS constate, l'Absym critique

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Les chiffres avancés par la Mutualité Chrétienne n'ont évidemment pas manqué de faire réagir les syndicats médicaux. Le MoDeS, qui confirme que de tels procédés de surfacturation existent, souhaite plus de transparence. L'Absym, quant à elle, dénonce la méthode utilisée par la MC et dénonce une enquête qui dresse le public contre les médecins.

la rédaction - 17 octobre 2013

" Qu'il y ait des différences de prix, ça existe, on le sait. C'est malheureusement de notoriété publique. Ce chiffre avancé par la MC, 23%, ne nous paraît donc pas impossible ", réagit le Dr Nicolas Berg, co-président du MoDeS (Le Monde des Spécialistes - Cartel).

Pour le jeune mouvement de spécialistes (lancé en juin dernier), la solution passe par davantage de transparence. " Il faut faire des distinctions, expliquer au patient, détailler. Il serait logique, à mes yeux, que le médecin soit obligé de décrire ce qui est perçu. Il faut une visibilité pour éclairer le patient, le rassurer aussi. "

Des détails, oui ... mais pas trop ! " Il ne faut pas que cela se traduise par des charges de travail supplémentaires : qu'on ne nous demande pas de faire des factures absurdes ou de chercher des numéros de codes pendant deux heures ! ", lance le Dr Berg. " Mais je pense qu'on peut faire mieux et que l'informatisation peut nous aider à y parvenir. J'estime aussi qu'il faudrait une meilleure visibilité au niveau du conventionnement, que le patient puisse aisément savoir si le médecin est conventionné ou non. Comment faire ? Une des pistes, selon moi, est qu'il y ait moins de conventionnement partiel. Et qu'il y ait aussi une meilleure identification en fonction du lieu et des heures de rendez-vous. "

Dans un communiqué, le Cartel précise qu'il appartient également aux mutuelles d'informer davantage leurs affiliés.

Le MoDeS s'interroge enfin sur les sanctions encourues par ces spécialistes conventionnés (une amende administrative de minimum 125 euros). " Si de telles dérives persistent, peut-être est-ce dû au fait que les sanctions ne sont pas suffisantes ou qu'elles ne sont pas assez fréquemment appliquées ? Je pencherais personnellement pour cette seconde option ", glisse le co-président. " Plutôt que d'augmenter le montant des sanctions, il faut faire davantage pression sur ces médecins. Et comme le signale l'Inami, peu de plaintes sont déposées : c'est sans doute dû au fait qu'il est encore difficile, pour un patient, de porter plainte contre son médecin. "

" Un chantage des MC ? "

L'autre syndicat de médecins, l'Absym, a également condamné ces spécialistes conventionnés ne respectant pas les tarifs en vigueur. Sans toutefois être convaincu qu'il faille instaurer un système de reçus détaillés. " Tout cela prend du temps, il faut rédiger ce genre de document, ça allonge le temps administratif ", indiquait mercredi soir, sur les antennes de la Rtbf, le vice-président de l'Absym, le Dr Jacques de Toeuf. " Je ne sais pas ce que ça apporte de plus en termes de contrôle ; ceci dit, je sais que ça coûtera du temps. "

Dans un communiqué diffusé ce jeudi matin, l'Absym dénonce une enquête visant à faire " les gros titres des journaux ", à " récupérer les brebis égarées " et à dresser le public contre la communauté des médecins belges.

Le Dr Marc Moens s'étonne de lire que " près de la moitié des médecins refusant d'adhérer à l'accord médico-mutualiste respectent malgré tout les tarifs de cet accord ". " Les MC montrent que les médecins non tenus par l'accord aident également les patients ayant besoin de soins médicaux et se trouvant dans une position financière moins favorable. "

Rappelant que certains médecins arrondissent également les montants vers le bas, l'Absym juge 'acceptable' que des montants soient arrondis vers le haut " pour éviter de devoir prendre rendez-vous avec sa banque toutes les semaines pour s'approvisionner en petite monnaie durant les heures d'ouverture de l'agence ". " Arrondir de 24,15? à 24,50? la consultation chez l'ORL, l'ophtalmologue ou un spécialiste dans une discipline chirurgicale apparaît encore acceptable pour les MC ; pour plus de facilité, arrondir le montant à 25,00? est directement catalogué de délit grave " par Marc Jutsaert (le président des MC, ndlr), dénonce le Dr Moens. Et de répéter que par contre, " pour un médecin qui s'est engagé à respecter les tarifs, demander des suppléments d'honoraires réellement substantiels n'est pas acceptable pour l'Absym ".

Le syndicat majoritaire attaque ensuite la méthodologie des MC, dénonçant des pourcentages " exagérés ". " Nous disposons de témoignages de patients qui ont été pressés de répondre à l'enquête sous peine de se voir refuser le remboursement des prestations. (...) Droits du patient ou chantage des MC ? ", s'interroge l'Absym.

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