Soins de santé personnalisés: il est temps d'agir
Ce jeudi, le Journal du médecin a lancé le débat sur la médecine personnalisée (Personalized Health Care) en Belgique en organisant à Zellik, un symposium sur les défis et les opportunités que ce nouveau concept présente à la science, à la médecine et à la société. Un concept que l'on résume souvent par cette formule explicite: adopter le bon médicament, pour le bon patient, au bon moment.
"Nous avons l'intention d'ouvrir la discussion autour des défis importants qui attendent notre société dans la manière d'aborder les soins de santé personnalisés et nous allons tenter d'identifier les principaux obstacles qui entravent leur déploiement en Belgique", a annoncé Ben Houdmont, l'éditeur du Journal du médecin, devant un parterre d'une soixantaine de stakeholders triés sur le volet.
Le programme proposé était destiné à couvrir les principaux aspects de cette médecine personnalisée au travers de quatre thèmes: innovation et technologie, qualité, accessibilité, et éducation et information. Des thèmes sur lesquels se sont exprimés avec brio de nombreux orateurs représentant, les milieux académiques, les hôpitaux, les mutuelles, l'Inami, les associations de patients et l'industrie pharmaceutique.
Très enthousiaste, l'oncologue de la VUB Jacques De Grève pense que les soins personnalisés sont synonymes de qualité d'une plus longue vie en bonne santé pour le patient. "On saura davantage à l'avance comment le patient réagit à un traitement, on bénéficiera d'un coût-efficacité plus intéressant et in fine d'une diminution des coûts des traitements."
Plus conservateur, Jean Hermesse, secrétaire-général des Mutualités chrétiennes, a proposé la création d'une commission spéciale de " génétique humaine " chargée d'encadrer ces nouvelles technologies pour en maintenir les coûts sous contrôle.
Une proposition rejetée par Bruno Flamion, professeur de physiologie et de pharmacologie à l'Université de Namur, qui présidait le symposium pour qui ces nouveaux médicaments ne doivent pas être traités différemment des autres.
" Au niveau scientifique, la Belgique est prête pour faire face au changement qui s'annonce ", a-t-il commenté. " Nos hôpitaux et nos laboratoires ont de l'expérience en la matière. La technologie est disponible. Mais il demeure un obstacle principal: la question du coût et du remboursement. Peut-on se permettre une médecine personnalisée dans notre pays? Pas encore dans l'immédiat car notre système de soins de santé doit s'adapter à ce changement. Mais, contrairement à ce que disent certains, je ne pense pas qu'il faille le transformer complètement. Juste le rendre un peu plus flexible. Comment y parvenir? Notamment en donnant des conseils et des recommandations aux autorités compétentes qui sont amenées à prendre les décisions budgétaires. "
Tel est bien l'objectif sous-jacent de ce symposium. " Le débat d'aujourd'hui n'est en effet pas la fin de l'histoire ", a confirmé Ben Houdmont. " Notre but est qu'il puisse se poursuivre pendant les semaines et les mois à venir via notre forum on line et qu'ainsi nous puissions contribuer à ébaucher des solutions potentielles. "
Dossier complet dans le prochain numéro du Jdm.