Prisons : Grève des médecins bien suivie, sanctions possibles
Alors que la grève des médecins généralistes exerçant en prison est largement suivie dans le pays y compris dans les petites institutions, les MG appelés en urgence dans les prisons qui refuseraient de s'y rendre risquent des amendes et des peines... de prison.
Le Dr Ann Chapelle, porte-parole des médecins des prisons côté flamand, confirme que la grève des médecins des prisons est largement suivie dans toute la Belgique. Elle souligne également que les détenus ne sont pas dupes : " Les médecins ne vont pas les laisser tomber. C'est clair. "
On ne sait pas pour l'heure combien de temps durera le mouvement. " Pour le moment, tout ce que l'on sait c'est qu'on sera payé pour le mois de juin. Tant qu'on n'a pas des garanties sur notre paquet d'exigences global, nous continuerons la grève. Nous avons le soutien des syndicats de médecins. " Les médecins des prisons flamands ont embrayé après que leurs collègues francophones soient partis en grève le 1er octobre.
L'administration envisage d'ailleurs à l'avenir de garantir des soins minimums dans les prisons. Ce qui signifie pour le Dr Chapelle que les soins aux détenus seront différents des soins aux citoyens hors de la prison, ce qu'elle trouve " inacceptable pour le médecin et contre les droits du détenu ".
Parallèlement, l'inspection de l'hygiène anversoise a donné un avis à la gouverneure de la province d'Anvers, Cathy Berx, qui a fort fâché les cercles de MG de cette province. Selon cette analyse, les détenus dans les prisons sont des citoyens ordinaires au regard de la géographie des cercles de MG en charge de l'organisation de la garde. De ce fait, un MG de garde appelé dans une prison ne peut pas refuser d'y pratiquer une visite médicale. Il risque des amendes lourdes et même, théoriquement, des peines de prison de huit jours à trois mois. Les cercles de MG aussi risquent d'être poursuivis s'ils ne répondent pas aux exigences de base de l'organisation des gardes.
Toujours selon l'avis de l'Inspection de l'hygiène à la gouverneure Berx, le service 100 n'est pas une alternative car il y aurait rapidement pénurie d'ambulance pour les véritables urgences si on appelait le 100 pour chaque détenu qui a une plainte médicale en pleine nuit ou le week-end.
Des cercles de MG de la région ont réagi virilement et même menacé d'être solidaires des médecins des prisons grévistes.
Roland Lemye, président de l'Absym, soutient les grévistes et enjoint les autres MG à ne pas briser ce mouvement de grève en remplaçant les grévistes au pied levé.