La sclérose en plaques provoquée par une bactérie ?
La sclérose en plaques recèle encore de nombreux mystères. De nombreux virus, de même que la bactérie Chlamydia pneumoniae, ont été soupçonnés de dérégler le système immunitaire, qui se mettrait alors à dégrader les gaines de myéline, mais aucune étude n'a pu démontrer à coup sûr leur responsabilité.
Une équipe de l'université Cornell à New York vient de relancer cette piste prometteuse, en incriminant une nouvelle espèce bactérienne, courante et souvent retrouvée dans les sols : Clostridium perfringens. Il existe cinq types différents donc certains sont inoffensifs. Ce n'est pas le cas des types B et et D qui portent un gène codant pour une protoxine qui, une fois modifiée dans le tube digestif, peut circuler dans le sang jusqu'au cerveau. Chez les animaux, la toxine mature, appelée toxine epsilon, induit des symptômes semblables à ceux de la sclérose en plaques.
Or, les auteurs ont identifié pour la première fois chez l'être humain, et de manière inattendue, une souche de C. perfringens de type B dans le tube digestif d'une femme de 21 ans atteinte de la sclérose en plaques. Dès lors, ils ont creusé cette hypothèse. Ils ont montré que les échantillons sanguins et de liquide céphalorachidien d'individus souffrant de cette maladie avaient dix fois plus de chances de contenir la toxine epsilon que ceux d'individus sains. D'autres études sont nécessaires pour démontrer le rôle de C. perfringens dans le déclenchement de la sclérose en plaques.
(référence: PLOS ONE, 16 octobre 2013, doi:10.1371/journal.pone.0076359)