Après les OGM, voici peut-être venue l'heure des OGR
Dans le champ de la génétique bactérienne, c'est probablement une découverte majeure. Un groupe de chercheurs américains des universités de Yale et Harvard a réussi à altérer l'ADN de la célèbre bactérie Escherichia coli pour produire des protéines inédites qui ne sont pas fabriquées dans la nature.
Afin de tester l'intérêt de ce premier organisme entier génétiquement recodé (OGR), ils l'ont confronté à deux de ses pires ennemis: les bactériophages T4 et T7. Si le premier n'a pas été affecté par les modifications génomiques, le second, lui, a éprouvé des difficultés pour infester sa proie privilégiée. Les scientifiques ont ainsi octroyé à leur bactérie une meilleure résistance aux infections virales, outrepassant une des contraintes des OGM (organismes génétiquement modifiés).
D'autre part, avec l'ajout d'acides aminés que la vie n'avait pas prévus, le transfert horizontal n'aboutit pas à l'expression de protéines fonctionnelles, ce qui réduit très fortement les risques de contamination et d'expansion à d'autres organismes. Une autre limite des OGM est dès lors franchie, permettant aux chercheurs d'espérer qu'à terme ces protéines inédites puissent permettre l'élaboration de nouveaux médicaments exploitables par l'industrie pharmaceutique. Certains imaginent même l'émergence de nouveaux matériaux pouvant intégrer des nanostructures. De quoi augurer de belles innovations grâce à ces OGR.
(référence: Science, 18 octobre 2013, DOI: 10.1126/science.1241459)