Née séropositive il y a trois ans, une fillette serait guérie
Née séropositive d'une mère qui ignorait avoir elle-même la maladie, une Américaine avait reçu des antirétroviraux moins de 30 heures après sa naissance, beaucoup plus tôt que ce qui est normalement fait pour les nouveaux-nés dont le risque de contamination est élevé. A l'heure actuelle, après un an et demi sans traitement, la petite fille ne montre toujours aucun signe d'infection active.
Selon des spécialistes du centre hospitalier Johns-Hopkins, qui suivent l'enfant, l'administration particulièrement précoce de ces antirétroviraux a bloqué la formation de réservoirs viraux, structures habituellement difficiles à traiter, empêchant le VIH-1 de s'établir dans les cellules immunitaires. Les tests avaient montré une diminution progressive de la présence virale dans le sang du nouveau-né jusqu'à ce que le virus du sida devienne indétectable, 29 jours après la naissance.
La fillette a été traitée jusqu'à ses 18 mois. Par la suite, malgré l'arrêt de la trithérapie, aucun des tests sanguins effectués n'a permis de repérer la moindre trace d'ARN viral dans le plasma de l'enfant, même avec des techniques poussées d'amplification.
Il s'agit du premier cas connu à ce jour d'une guérison " fonctionnelle " d'un nourrisson infecté par sa mère séropositive. Les virologues demeurent prudents sur le long terme et préfèrent parler de rémission mais c'est incontestablement un espoir pour les plus de 260.000 nouveaux-nés qui sont contaminés par leur mère chaque année dans le monde.
(référence: NEJM, 23 octobre 2013, DOI: 10.1056/NEJMoa1302976)