Les seins vieilliraient plus vite que le reste du corps
En se focalisant sur la méthylation, un procédé qui se produit naturellement dans l'ADN, des chercheurs américains ont découvert une nouvelle horloge biologique intégrée au génome humain, qui déterminerait efficacement l'âge dans 96% des cas.
Steve Horvarth et ses collègues ont passé au crible 7.844 échantillons de 51 tissus sains différents, prélevés chez 82 personnes âgées de 0 à 101 ans, ainsi que 5.826 échantillons cancéreux provenant de 32 patients, pour en établir le profil de méthylation. Ils ont ensuite réussi à localiser 353 régions du génome communes à tous les organes et plus ou moins méthylées selon l'âge.
Ces 353 biomarqueurs ont servi à définir un algorithme qui pourrait permettre de mesurer précisément l'âge de la plupart des organes humains, des tissus et des cellules et donc d'estimer leur risque de vieillissement.
Ce modèle a non seulement prouvé son efficacité mais il a aussi amené une conclusion étonnante : tout l'organisme ne vieillit pas à la même vitesse. Ainsi, le tissu mammaire sain est environ de 2 à 3 ans plus vieux que autres tissus. En cas de cancer du sein, les tissus sains situés près de la tumeur sont en moyenne de 12 ans plus vieux. De plus, pour tous les types de cancers, les cellules cancéreuses sont plus vieilles de 36 ans en moyenne que les tissus sains.
Des constatations qui pourraient expliquer pourquoi le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme et pourquoi l'âge est un facteur de risque majeur pour de nombreux cancers.
(référence: Genome Biology, 21 octobre 2013, doi:10.1186/gb-2013-14-10-r115)