Sida : les réservoirs du VIH bien plus nombreux que prévu
Les personnes séropositives doivent suivre leur traitement toute leur vie, car, si elles l'arrêtent, le virus redevient nocif. La raison : une partie de la population virale se cache dans les cellules en état de latence et échappe aux médicaments.
Conscients de cette difficulté majeure, des scientifiques de l'université Johns Hopkins ont voulu estimer l'étendue des " réservoirs " viraux. Ils ont développé une nouvelle stratégie combinant deux techniques précédemment utilisées. La première consiste à activer tous les lymphocytes T afin de forcer la réapparition des virus silencieux, la seconde à compter le nombre de copies d'ADN viral présentes dans les cellules. Prises individuellement, ces deux méthodes se sont révélées incertaines et ont conduit à des résultats très différents.
Cette fois, les chercheurs américains ont d'abord stimulé les lymphocytes T de huit personnes et ils ont étudié les 213 provirus qui ne se sont pas réveillés afin de savoir combien d'entre eux étaient quand même capables de s'activer. Pour cela, ils ont analysé leurs séquences : 188 ADN viraux, soit 88%, avaient des mutations qui les empêchaient de sortir de leur état de latence. En revanche, 25 (12%) possédaient un matériel génétique intact et étaient capables de réplication.
Sur la base de ces 12%, les auteurs ont calculé que les " réservoirs " du VIH pouvaient être jusqu'à sont 60 fois plus nombreux que prévu. Une hausse considérable qui complique encore les efforts pour parvenir à guérir cette infection.
(référence: Cell, 24 octobre 2013, DOI:10.1016/j.cell.2013.09.020)