Espace : la microgravité accélère le vieillissement cellulaire
À l'heure où certains envisagent d'entreprendre des voyages spatiaux au long cours, se pose la question de l'impact de la microgravité sur la santé humaine.
A la longue liste d'afflictions (atrophie musculaire, diminution de la densité osseuse, déficience de la réponse immunitaire,...) dont peuvent souffrir les astronautes lorsqu'ils se retrouvent dans une situation où leur corps ne subit presque plus les effets de l'attraction universelle, il faut désormais ajouter l'accélération du vieillissement biologique de nos cellules, du moins si on en croit une nouvelle étude de l'Institut des sciences et technologies moléculaires de Milan.
En comparant des cellules endothéliales (celles qui tapissent la face interne des vaisseaux sanguins) cultivées pendant dix jours sur la Terre, à d'autres placées, durant le même laps de temps, en situation de microgravité, dans la Station spatiale internationale (ISS), Silvia Bradamante et ses collègues ont constaté des différences sur 1.023 gènes et leurs expressions.
De plus, sur les cellules exposées à la microgravité, ils ont noté des concentrations élevées de cytokines pro-inflammatoires (interleukine-1α et l'interleukine-1β). A nouveau en cause, donc, un stress oxydatif important aboutissant à l'inflammation des cellules endothéliales. Cette situation augmente le risque de troubles du système circulatoire, comme l'athérosclérose, et accélère la sénescence cellulaire.
(référence: The Faseb Journal, novembre 2013, doi:10.1096/fj.13-229195)