Double agonisme des incrétines, une voie d'avenir?
Une équipe allemande rapporte les premiers résultats obtenus avec une toute nouvelle molécule qui semble particulièrement prometteuse dans le traitement du diabète. Il s'agit d'un peptide qui se comporte comme un agoniste pour les récepteurs pour les incrétines GLP-1 et GIP. Ce double agoniste semble avoir un effet insulinotrope et une efficacité accrue sur l'hyperglycémie par rapport aux agonistes sélectifs des incrétines GLP-1.
Le peptide en question (RG7697) est dérivé d'un mélange des séquences des incrétines GLP-1 (Glucagon like peptide) et GIP (polypeptide insulinotrope glucose dépendant). La pharmacologie de ce peptide - dont la durée d'action a été optimalisée par pegylation - est comparable à celle des incrétines naturelles. Des résultats positifs sur le contrôle de la glycémie et l'effet insulinotrope ont été obtenus dans différents modèles d'obésité et de diabète chez des rongeurs. L'ampleur de l'efficacité ainsi obtenue, corrigeant deux mécanismes fondamentaux de l'intolérance au glucose, à savoir la résistance à l'insuline induite par les adipocytes et le déficit en insuline au niveau du pancréas, semble supérieure à ce qui est obtenu avec les agonistes sélectifs de la GLP-1 actuellement largement utilisés. Un point intéressant est également que, contrairement à ces agonistes sélectifs des GLP-1, ces agonistes doubles unimoléculaires ont permis de réduire la masse adipeuse chez les animaux étudiés.
Selon les auteurs de l'étude, la mise en évidence de ce peptide pourrait, si les données d'efficacité se confirment, permettre une approche davantage physiologique de la prise en charge des maladies liées à la mauvaise tolérance au glucose.
Une affaire à suivre donc, des premiers résultats positifs ayant été obtenus dans une petite population de 53 patients obèses présentant un diabète de type 2.