La Belgique prête à affronter la recrudescence de polio ?
" La vaccination contre la poliomyélite, introduite dans notre pays en 1958, et rendue obligatoire par l'arrêté royal du 26 octobre 1966, demeure le seul moyen efficace de lutter contre ce virus ", rappelle Richard Miller (MR). Mais devant le risque de recrudescence venant d'Angleterre et d'Allemagne et vu la présence du virus en Syrie et en Israël, que fait la Belgique ? Laurette Onkelinx a répondu hier après-midi qu'il n'y avait pas péril en la demeure.
" Malgré le taux élevé de la population belge vaccinée contre cette maladie, la Belgique reste néanmoins vulnérable face à une épidémie de la polio ", explique le député MR. " En effet, deux foyers d'épidémie de polio se seraient déclarés dernièrement, l'un en Israël, l'autre en Syrie. Par ailleurs, l'OMS a signalé en mai 2013 la vulnérabilité de nombreux pays européens face à la résurgence du virus de la polio. Certains pays limitrophes présentent un risque avéré, notamment l'Allemagne, l'Angleterre et la Pologne, où le vaccin antipolio n'est pas obligatoire. Ainsi, nous pouvons craindre une extension de la contagion. "
Afin de répondre aux critères de l'OMS, le Comité belge de certification pour l'éradication de la poliomyélite, a été créé, ainsi que le " PediSurv ", qui est un réseau de surveillance des maladies infectieuses pédiatriques. Cependant, selon le Rapport annuel de l'ISP sur les Maladies infectieuses pédiatriques à prévention vaccinale (2011), la qualité de surveillance en Belgique demeure insuffisante pour détecter un éventuel cas importé d'une paralysie frasque aiguë dû au virus de la polio, affirme le réformateur.
Le CBC recommande de réaliser systématiquement des analyses biologiques d'échantillons de selles à deux reprises, afin de détecter une infection à entérovirus, ce qui permettrait de déceler plus rapidement les premiers symptômes de la maladie. La communication des résultats le plus rapidement possible par le PediSurv à l'ISP est également indispensable.
Richard Miller demande donc à Laurette Onkelinx si notre système de surveillance est suffisamment sensibilisé à ce risque alors que l'OMS considère notre système comme " moyen ".
Selon Laurette Onkelinx, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir : " La situation est suivie de près par la Comité national de certification de l'éradication de la poliomyélite en Belgique. "
Elle reconnaît que la Belgique ne répond pas entièrement aux directives actuelles de l'OMS mais au moins la vaccination contre la polio est-elle obligatoire. " Le taux de couverture vaccinale en Belgique est donc très élevé (...). La situation en Syrie et en Israël n'entraînera pas de risque majeur pour la population. "
Suite à l'analyse de risque réalisée par l'ECDC (European Center for Disease prévention and Control) et l'OMS, la Belgique a pris les initiatives suivantes :
-Informer tous les pédiatres-neurologues de l'importance du rapportage rapide en raison de la situation en Israël et en Syrie.
-Renforcement de la surveillance via Pedisurv
-Renforcer la surveillance des entérovirus.
Quant à la surveillance des eaux usées, on attend les recommandations de l'ECDC et de l'OMS.