Parler deux langues retarderait certaines formes de démence

Être polyglotte n'a pas seulement un intérêt social, c'est aussi bon pour la santé. Selon une étude menée par une équipe de l'Institut Nizam des sciences médicales, à Hyderabad, en Inde, le fait de parler une deuxième langue retarderait de plusieurs années l'apparition de certaines formes de démence chez les personnes âgées, même illettrées.
Les auteurs de ces travaux ont suivi 648 personnes, dont 14 % étaient analphabètes, toutes indiennes, de 66 ans de moyenne d'âge, et ayant reçu des diagnostics de diverses formes de démence. Parmi elles, 391 parlaient au moins deux langues.
Le constat des chercheurs: les personnes bilingues ont développé la maladie d'Alzheimer et des démences fronto-temporales ou vasculaires quatre ans et demi plus tard que celles qui ne parlaient qu'une seule langue. La même différence a été constaté chez les sujets analphabètes. En revanche, il n'y aurait pas d'avantage supplémentaire à parler plus de deux langues : c'est le fait de ne parler qu'une seule langue qui joue.
Précisons encore que l'effet bénéfique du bilinguisme sur l'âge d'apparition de la démence a été observé indépendamment d'autres facteurs, comme le niveau de formation, l'éducation, le genre, le métier et le lieu de vie.
Cette étude abonde dans le sens des connaissances actuelles sur l'importance de la stimulation intellectuelle précoce et continue des individus dans la prévention des démences.
(référence : Neurology, 6 novembre 2013, doi: 10.1212/01.wnl.0000436620.33155.a4)