Confirmation du lien entre stress chronique et inflammation
Bénéfique à petites doses, le stress quand il perdure devient néfaste pour la santé. Des chercheurs de l'université d'État de l'Ohio viennent de le confirmer. Leur étude montre qu'un stress intense et régulier agit directement sur l'expression de certains gènes présents dans les globules blancs dont ils altèrent le fonctionnement. Les cellules modifiées sont alors sujettes à des réactions immunitaires qui peuvent conduire à une inflammation, laquelle peut entraîner un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète et d'obésité.
Les scientifiques ont tout d'abord comparé le nombre de globules blancs présents chez des souris normales à celui de rongeurs soumis à des stress répétés. Le résultat est sans appel: le stress chronique multiplie par quatre le nombre de cellules immunitaires dans le sang et la rate. L'analyse du génome de ces cellules a ensuite révélé que près de 3.000 gènes sont, sous le coup du stress, exprimés à différents niveaux et que 1.142 d'entre eux le sont à des niveaux plus élevés que la normale, ce qui provoque l'inflammation.
Les chercheurs ont mis à jour le même processus chez des sujets humains vivant dans des conditions socio-économiques stressantes. Ils ont identifié dans des échantillons de sang l.387 gènes ayant une expression différente en fonction du niveau d'anxiété, et comme chez la souris, les gènes régulés à la hausse dans les cellules immunitaires humaines s'avèrent pro-inflammatoires.
(référence : PNAS, 8 octobre 2013, doi: 10.1073/pnas.1310655110)