Une nouvelle cible pour la SLA et la dégénérescence fronto-temporale
Une équipe de l'Université de Californie-San Diego vient d'identifier une nouvelle cible thérapeutique, les oligonucléotides antisens. Cette cible est d'autant plus prometteuse qu'elle pourrait valoir pour deux maladies neuro-dégénératives, la sclérose latérale amyotrophique (SLA) et la dégénérescence fronto-temporale, une des formes de démence les plus fréquentes.
L'approche des scientifiques américains consiste à contrer la cause génétique la plus courante de ces deux affections. Cette cause a été découverte en 2011. Il s'agit d'une mutation du gène C9ORF72 qui entraîne la répétition d'une séquence de nucléotides. Alors que le gène normal contient moins de 30 répétitions de cette séquence, quand il est muté, il peut générer des centaines de répétitions.
Les chercheurs ont d'abord distingué deux ensembles distincts de foyers d'ARN, des ARN correctement transcrits, et des ARN dits antisens, capables de bloquer la traduction de l'ARN messager. Leur travail montre que des segments de matériel génétique, les oligonucléotides antisens, favorisent le développement des ARN toxiques et qu'en ciblant les segments, il est possible de réduire l'accumulation de ces ARN et de rétablir l'expression normale du gène.
Et, surtout, les auteurs de l'étude sont parvenus à éliminer les ARN toxiques sans affecter les ARN normaux qui codent pour la protéine C9ORF72.
(référence : PNAS, 29 octobre 2013, doi: 10.1073/pnas.1318835110)