Le nouveau financement des urgences, une catastrophe selon le Dr Fonck
Le nouveau système de financement des services d'urgence opérationnel depuis juillet met à mal l'équilibre budgétaire de ces services et les poussera d'ici 2017 à accepter le maximum de patients. Un effet inverse de toute la politique consistant à libérer ces services de pathologies qui peuvent être prises en charge par les MG. C'est le cri d'alarme lancé par le Dr Catherine Fonck, députée fédérale CDH et relayé ce matin par Le Soir.
S'exprimant dans Le Soir d'aujourd'hui, le Dr Fonck a calculé que le manque à gagner des services d'urgence suite à cette réforme leur fera perdre d'ici 2017 deux-tiers de leur personnel infirmier.
" L'hôpital de Leuven perdrait 67 % de ce financement, le CHU de Mont-Godinne, 50 %, Erasme (ULB) à Bruxelles 45 %, St-Luc (UCL) à Bruxelles 40 %, Anvers 48 % ", calcule la députée dans le quotidien vespéral.
Pour le moment, la perte est limitée car seulement 10% du financement est concerné par la mesure.
Pire, pour Fonck, cela va à l'encontre de toute la philosophie des soins consistant à désengorger ces services des fausses urgences.
En effet, explique-t-elle dans sa question parlementaire, " les hôpitaux reçoivent des points en fonction de leur nombre de lits justifiés ainsi qu'un complément en fonction des prestations faites après 20h et le WE. Le nouveau système tient compte du nombre de passages aux urgences, avec des suppléments de points si le patient est hospitalisé ou non, s'il va aux soins intensifs, s'il s'agit d'un enfant ou d'une personne âgée, etc... "
La députée craint donc que le système va pousser les hôpitaux à accepter un maximum de patients aux urgences pour recevoir plus de points et garder leur financement. Ils abandonneront donc le tri et des files d'attente se formeront aux urgences.
Dans un contexte où de plus en plus d'hôpitaux placent une garde MG à proximité pour aiguiller les patients vers les MG, c'est évidemment un non-sens.
Fonck attend une réponse de la ministre Onkelinx. " Ce système a été mis en place de bonne foi mais ses effets pervers doivent être corrigés ", conclut-elle.