États-Unis: controverse autour de l'usage élargi des statines
Les deux grandes sociétés américaines de cardiologie, l'American College of Cardiology (ACC) et l'American Heart Association (AHA) viennent d'éditer des nouvelles recommandations communes sur le traitement du cholestérol pour réduire le risque cardiovasculaire. Ces règles pourraient conduire à mettre sous statines deux fois plus de patients qu'aujourd'hui. A savoir 33 millions d'adultes.
Les médecins sont désormais encouragés à prendre en compte non plus seulement l'occurrence de crises cardiaques précédentes chez les patients, mais aussi celle d'attaques vasculaires cérébrales. D'autres part, les patients peuvent calculer leur risque sur 10 ans de faire une attaque cardiaque ou cérébrale en utilisant une équation. Celle-ci tient compte de l'impact cumulé au cours de la vie de l'ensemble des facteurs de risque, à savoir l'appartenance ethnique, le sexe, l'âge, le taux de cholestérol, la pression artérielle, le diabète, le tabagisme...
Ces " guidelines " suscite actuellement une très grosse controverse aux États-Unis. Le débat tourne de manière générale autour du calculateur de risques, et en particulier sur l'utilisation des statines chez les personnes n'ayant pas d'autre anomalie qu'un taux élevé de cholestérol associé à l'athérosclérose. La critique émane notamment de deux professeurs de la Harvard Medical School. Paul Ridker et Nancy Cook estiment qu'entre 13 et 16 millions d'adultes ciblés par les nouvelles lignes directrices ne présentent pas assez de risques pour justifier un traitement par statine.