Paludisme: un parasite mute et devient menaçant
Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) espère réduire, voire éradiquer, le paludisme d'ici 2030 en travaillant sur de nouveaux vaccins, une mauvaise nouvelle a été annoncée à la conférence annuelle de l'American Society of Tropical Medicine and Hygiene (ASTMH). Elle provient de deux recherches américaines menées à l'Université Case Western Reserve, dans l'Ohio.
Dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, jusqu'à 95 millions de personnes seraient protégées contre P. vivax, un des parasites du paludisme, par l'absence dans leur sang d'un récepteur de la protéine Duffy. Mais on a constaté un nombre grandissant d'Africains et d'Américains du Sud infectés ces dernières années ainsi qu'une mutation dans le génome de P. vivax, susceptible de menacer des dizaines de millions de personnes dans le monde.
Après analyse de 189 échantillons de ce parasite recueillis à Madagascar, le Pr Zimmerman et ses collègues ont découvert la duplication d'un gène connu permettant au parasite d'infecter plus facilement les globules rouges ainsi que deux protéines, absentes lors des séquençages de 2008. Or, ces protéines ressemblent étroitement aux protéines de liaison utilisés par les parasites pour entrer dans les globules rouges. D'où les craintes actuelles.
Les mutations détectées étaient présentes dans 50% des échantillons de Madagascar et les infectiologues redoutent qu'elles ne se propagent désormais via les voyageurs.
(référence: PLoS Neglected Tropical Disease, à paraître ce 21 novembre 2013)