Plan Gardes : l'Absym demande d'aller plus loin
Le plan gardes de Laurette Onkelinx s'inspire " largement de nos propositions ", pointe Roland Lemye, président de l'Absym. " Il était temps. La révolte succédait au mécontentement chez les médecins généralistes. L'enlèvement, la maltraitance, les menaces dont a fait l'objet un médecin généraliste de Peruwelz au cours de sa garde, non seulement représentait la pointe de l'iceberg mais a constitué un déclencheur d'action de grève prête à s'étendre comme une traînée de poudre. " Il souligne que sur les 17 mios de budget, six proviennent des honoraires. Par ailleurs les postes de garde font chuter les visites à domicile qui sont plus chères de 30% pour l'assurance-maladie.
Pour Roland Lemye, si la trousse du médecin est aujourd'hui la cible des malfrats, l'insécurité n'est pas le seul souci du MG de garde. " Le deuxième sentiment du médecin de garde est l'inutilité de sa tâche. Bien sûr, il reste quelques visites indispensables (dans les MRS, en soins palliatifs, ...) mais la plupart des appels où le médecin généraliste était utile ont disparu. Les patients qui sont conscients qu'ils ont toutes les chances d'être envoyés à l'hôpital s'y rendent directement. La décompensation des patients chroniques est plus rare. Les cardiaques sont stentés et sous médicaments utiles, les asthmatiques ont leurs aérosols, Qui appelle ? Les patients négligents qui auraient pu appeler en journée et ceux qui estiment qu'un médecin de garde est à leur service et corvéable et taillable à merci et de surcroît, ne voient pas pourquoi il faudrait en plus le payer. "
Encore le patient ne fait-il pas appel au MG toujours judicieusement : " Appeler le MG en cas de douleurs dans la poitrine qui s'avèrent provenir d'un infarctus retarde le moment où le patient peut recevoir une thrombolyse où chaque minute perdue signifie du tissu cardiaque altéré de manière irrécupérable. Un tri des appels peut guider les patients vers la solution la plus adaptée. "
" Enfin, la récurrence des gardes qui s'ajoutent à un travail de semaine déjà particulièrement lourd, conduit à un épuisement du médecin généraliste et fait croître le nombre de médecins en burn-out ; c'est-à-dire de médecins dont les capacités à soigner correctement les patients faiblissent. "
" Devant la lame de fond issue des généralistes de terrain et la volonté des organisations professionnelles dont l'ABSYM s'est faite le relai et le leader, la ministre a décidé un certain nombre de mesures comme l'extension du tri des appels dont elle chiffre le coût à 3 millions d'euros, somme dérisoire dans le budget des soins de santé. 17 millions pour les postes de garde n'est pas excessif quand on sait que 6 millions ont été pris sur les honoraires (...) Ces postes de garde, même quand ils comporte une voiture avec chauffeur, s'autofinancent dans la mesure où un moins grand nombre de médecins de garde est nécessaire ce qui engendre une économie sur les honoraires de disponibilité et où 80% des visites sont transformées en consultations (au poste de garde). Ces dernières sont de l'ordre de 30% moins chères. "
" Il serait cependant temps d'aller un pas plus loin et d'organiser une garde sur la base d'un volontariat et d'une professionnalisation, c'est-à-dire de confier la garde à des médecins généralistes qui veulent la faire et à ceux qui veulent en faire un métier, ne fût-ce que pendant une partie de leur carrière. C'est parfaitement organisable à condition de le vouloir et de ne pas exclure de la médecine générale et de cette possibilité de carrière, tous ceux qui ne se conforment pas à une pratique traditionnelle, c'est-à-dire près de 6.000 médecins (actuellement angoissés sur leur sort). Il ne faut pas non plus pleurer tous les jours sur la pénurie et se priver d'une bonne partie des forces vives de la médecine générale. "