Chimiothérapie: des bactéries intestinales se révèlent bénéfiques
L'efficacité du cyclophosphamide, une des molécules les plus utilisées en chimiothérapie, repose en partie sur sa capacité à entraîner le passage de certaines bactéries de la flore intestinale vers la circulation sanguine et la lymphe. Contre toute attente, cette invasion de bactéries dans les ganglions lymphatiques s'avère bénéfique. Elle stimule de nouvelles défenses immunitaires qui vont aider l'organisme à combattre encore mieux la tumeur cancéreuse, en recrutant de nouveaux lymphocytes, différents de ceux déjà mobilisés par la chimiothérapie.
Une équipe française a précisément découvert qu'une réponse dirigée contre certaines bactéries du groupe des bactéries Gram+, considérées comme néfastes par l'organisme, peut, de manière surprenante, stimuler la réponse immunitaire anti-tumorale en cas de traitement du cancer par chimiothérapie. A contrario, les scientifiques ont montré, sur la souris, que la suppression de ces bactéries Gram+ entraîne une diminution d'efficacité de la chimiothérapie.
Maintenant que ces bactéries bénéfiques ont été identifiées, cette étude suggère de pouvoir les fournir en suffisance à l'organisme, via des pro- ou pré-biotiques ou une alimentation spécifique. De quoi donner un fameux coup de fouet aux traitements anti-cancéreux.
(référence : Science, 22 novembre 2013 DOI: 10.1126/science.1240537)