Alzheimer: le risque génétique bientôt détecté dès l'enfance?
Une étude américaine offre l'espoir de traitements permettant de prévenir l'apparition clinique de la maladie d'Alzheimer bien avant que les enfants ne deviennent des personnes âgées.
Après avoir évalué les cerveaux et l'ADN de 162 enfants en bonne santé, âgés de 2 à 25 mois, les scientifiques ont pu déterminer la variante du gène de l'apolipoprotéine E (ApoE) présente chez chacun d'eux. Bien connu, ce gène joue des rôles différents dans le sang et le cerveau. Il participe en particulier à la régulation du cholestérol et de l'amyloïde. Il est aussi associé à un risque accru de développer l'Alzheimer.
Parmi les enfants, 70 présentaient la variante E4, soit ApoE-E4. Or, cette présence de l'allèle E4 augmente encore le risque. Si on la retrouve dans environ 25% de la population américaine, par contre le pourcentage grimpe à 60% chez les personnes qui développent la maladie neurodégénérative.
Les chercheurs ont comparé par IRM les cerveaux des porteurs de la variante E4 et ceux des non-porteurs. Leur analyse constate que les enfants qui possèdent le gène ApoE-E4 ont tendance à avoir une croissance cérébrale accrue dans le lobe frontal et réduite dans plusieurs régions situées au milieu et à l'arrière du cerveau, les mêmes qui sont affectées chez les patients âgés atteints d'Alzheimer.
Même si un lien de causalité n'a pas encore pu être établi, cette étude permet déjà de mieux comprendre les premiers changements du cerveau impliqués dans la prédisposition à la maladie.
(référence: JAMA Neurology, 25 novembre 2013, doi:10.1001/jamaneurol.2013.4544)