Encore dix ans et les hommes auront peut-être leur pilule contraceptive!
Des scientifiques de l'université de Monash en Australie viennent de franchir une nouvelle étape en vue de l'élaboration d'une pilule contraceptive masculine. Leur approche est différente de celles réalisées jusqu'ici. Au lieu de chercher le moyen de bloquer la spermatogénèse, ils se sont intéressés à une stratégie alternative pour neutraliser temporairement la fertilité sans l'endommager. Comment? En enrayant le déplacement des gamètes mâles lors de l'acte sexuel.
Concrètement, les chercheurs australiens ont fabriqué des souris mâles mutantes ne synthétisant plus deux récepteurs protéiques (α1A et P2X1) impliqués dans le transport du sperme à travers les organes reproductifs de l'animal. Leur trouvaille était la bonne: les rongeurs mutants, incapables d'éjaculer, sont devenus complétement infertiles. En revanche, l'activité sexuelle des mâles est restée la même. En d'autres termes, ils continuent de s'accoupler normalement, mais sans risque de reproduction, la seule différence étant l'absence d'éjaculation.
Reste à mettre au point des médicaments capables de bloquer l'action des deux protéines, de manière temporaire. Les auteurs sont plutôt optimistes. Selon eux, la première pilule contraceptive masculine devrait être disponible sur le marché d'ici une dizaine d'années. Encore faut-il surmonter certaines barrières scientifiques et culturelles mais aussi que les hommes soient prêts à assumer la responsabilité de la contraception...
(référence : PNAS, 2 décembre 2013, doi: 10.1073/pnas.1318624110)