Alcool: petite mutation génétique, grand effet !
Une seule mutation ponctuelle dans une paire de bases du gène Gabrb1 serait responsable d'une consommation excessive d'alcool. Issus d'un consortium de cinq universités britanniques, les chercheurs s'étonnent même qu'un aussi petit changement puisse avoir de tels effets.
Leur étude montre que les souris normales n'ont aucun goût pour l'alcool et choisissent toujours de boire de l'eau quand on leur laisse le choix. En revanche, des souris porteuses de la mutation dans le gène Gabrb1 vont majoritairement choisir l'alcool et en consommer à hauteur de 85 % du total de leur apport quotidien en liquide. A tel point qu'elles s'enivrent rapidement jusqu'à ne plus pouvoir coordonner leurs mouvements. Les scientifiques ont aussi observé que les rongeurs sont tellement en manque qu'ils sont prêts à faire des efforts considérables pour obtenir leur dose d'alcool.
Au-delà de cette découverte, il y a toute l'explication du mécanisme qui sous-tend cette propension. Le gène Gabrb1 code en effet pour une composante importante du récepteur GABA dans le cerveau. La mutation du gène conduirait le récepteur à s'activer spontanément, même lorsque le déclencheur habituel de GABA n'est pas présent. Et, plus le signal électrique augmente, plus le désir de boire s'intensifie.
Si un mécanisme similaire était confirmé chez l'Homme, une toute nouvelle voie thérapeutique s'ouvrirait pour lutter contre l'alcoolodépendance.
(référence : Nature Communications, 26 novembre 2013, doi:10.1038/ncomms3816)