Dr Van Gool : " Les jeunes réagissent de manière plus impulsive face à la mort "
Le pédiatre Stefaan Van Gool (UZ Leuven) estime que ce n'est pas une bonne idée que l'euthanasie soit permise pour les mineurs d'âge. On ne devient véritablement adulte qu'à 20 ans, estime-t-il. Aucun instrument n'existe qui démontre qu'un enfant peut prendre une telle décision en toute autonomie. Le milieu ambiant pèse de tout son poids.
La récente lettre ouverte de 16 pédiatres intitulée "Euthanasie pour les enfants, maintenant!" peut faire croire que la pédiatrie soutient en bloc l'élargissement de la loi euthanasie aux enfants. Ce qui n'est pas le cas. Le Pr Chris Van Geet, chef du service de pédiatrie de l'UZ Leuven, par exemple, a vécu cette lettre ouverte comme un appel au vote. Entretemps, la loi d'élargissement est passée via une majorité de rechange.
Le Pr Van Gool, qui est pédiatre neuro-oncologue dans le même hôpital, a co-signé une lettre avec Van Geet qu'on peut considérer comme une réponse. Son leitmotiv est que les enfants qui souffrent peuvent être aidés par une autre voie. Ils pensent notamment aux soins palliatifs qui ont été renforcés par la ministre fédérale de la Santé publique et qui sont trop peu utilisés, estiment l'universitaire.
Le problème majeur, selon Van Gool, est qu'on ne peut objectiver si l'enfant décide de manière autonome. C'est subjectif. Il faut tenir compte de l'environnement de l'enfant, d'autant plus dès lors qu'il s'agit de maladie terminale. L'enfant peut être tiraillé par un conflit décisionnel parental.
Le Pr Van Gool s'oppose à l'extension de la loi car il considère que l'adolescent n'acquière une véritable autonomie cognitive et sociale que vers l'âge de 20 ans. Même si la loi prévoit l'accord des parents et l'avis d'un psychologue qui vérifie la capacité de l'enfant, cela reste une décision fortement influencée par l'environnement. Difficile dès lors d'être sûr que la décision est bien libre et éclairée comme le stipule la loi. Les jeunes réagissent de manière beaucoup plus impulsive que les adultes, notamment en cas de souffrance ou d'angoisse.